Sur la ligne de front

14-18 en godasses, par les étudiants de l'Ecole de journalisme de Lille

Le Pôle d’excellence rurale Tourisme de mémoire 14-18 associe dans tout le Haut-Rhin et dans les Vosges des porteurs de projets désireux de valoriser leur patrimoine mémoriel. Les enjeux sont multiples : touristique, économique, mémoriel.

Publié le 5 mars 2014 · Juliette Jacquemin

Permettre aux communes de rénover leurs lieux de mémoire et créer des outils pédagogiques à destination du grand public : c’est l’objectif du Pôle d’excellence rurale (PER) « Tourisme de mémoire 14-18 ». Lancé par les conseils généraux du Haut-Rhin et des Vosges, il rassemble, sur le territoire des Vosges et du Haut-Rhin, une dizaine de collectivités volontaires. La communauté de communes de la vallée de Munster est l’une d’elles. Pour Jérémy Goltzene, chargé de mission sur la valorisation du patrimoine, les enjeux sont touristiques autant que mémoriels.

Quel est l’intérêt pour la vallée de Munster de participer au PER ?

A Mittlach, au fond de la vallée, il subsiste des traces d’une ambulance alpine : une infirmerie améliorée qui œuvrait pendant la guerre pour soigner soldats et civils. Nous souhaitons la rénover, la mettre en valeur, et peut-être y adosser un sentier de promenade passant par des vestiges de la guerre, en plus des deux que nous avons déjà dans la vallée. Cela représente 300 000 euros d’investissements en tout et le PER nous financerait à hauteur de 33%, ce qui n’est pas rien.

Est-ce que l’enjeu touristique a été important dans votre volonté de participer au projet ?

Bien sûr. La participation au PER s’inscrit dans un objet plus large de valorisation de toute la vallée : la Maison du fromage a par exemple ouvert il y a peu. Du point de vue du tourisme mémoriel, nous sommes ici à Munster coincés entre deux gros lieux de mémoire : le Hartmannswillerkopf au sud, le mémorial du Linge au nord. Nous espérons qu’avec la revalorisation du patrimoine de guerre dans notre vallée, nous pourrons grappiller un peu de touristes de ces deux endroits. Cela dit, nous n’avons pas fait d’études à ce sujet… L’aspect purement mémoriel reste aussi  quelque chose d’important.

En plus de la question de la rénovation, y a-t-il d’autres projets dans la vallée pour entretenir la mémoire de la guerre ?

En plus du tourisme, le PER met à disposition des mallettes pédagogiques à destinations des classes retraçant l’histoire de la Grande Guerre dans la région et plus spécifiquement dans la vallée. Nous essayons au mieux de faire un effort de pédagogie, de distanciation aussi. Mais avec les générations les plus anciennes, c’est encore compliqué. Pour eux, le souvenir de la Seconde guerre est encore très prégnant, puisque certains l’ont vécue. Le ressentiment envers les Allemands vient surtout de là, mais il déteint aussi sur le souvenir qu’ils ont de la Première guerre. A la Communauté de Communes, lorsque l’on parle de 14-18, on met bien sûr l’accent sur la réconciliation et l’apaisement. Mais on est aussi conscients qu’il faut ménager toutes les susceptibilités… Y compris celles des plus « patriotes ».

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