Sur la ligne de front

14-18 en godasses, par les étudiants de l'Ecole de journalisme de Lille

Le Maréchal Lyautey n’a pas de souci à se faire, un homme veille pour réhabiliter sa mémoire et l’élever au rang des plus grands hommes de la nation. Rencontre avec le Colonel Pierre Geoffroy, un passionné au caractère bien trempé.

Publié le 5 mars 2014 · Lenny Pomerantz - Vidéo : Sonia Collavizza

Il n’a peut-être pas de grande avenue à son nom dans Paris, de fondation qui lui fasse honneur en utilisant son patronyme, mais il a quand même une commune de 134 âmes qui lui rend hommage. Thorey-Lyautey, du nom donc du Maréchal Louis Hubert Gonzalve Lyautey, est la ville sainte de ceux qui veulent saluer la mémoire de cet homme à qui « l’Histoire n’a pas donné la place qu’il mérite ».

On y trouve le château où il a passé ses dernières années et qui fait désormais office de musée, mais aussi et surtout le Colonel Pierre Geoffroy. Ce retraité de l’armée est le président de la fondation Lyautey et probablement le plus grand passionné de celui qui fut brièvement ministre de la guerre entre 1916 et 1917. Son histoire d’amour avec le Maréchal commence lorsqu’il a 8 ans et qu’il est scout dans le groupe Lyautey. En 6ème, il gagne ensuite une biographie du militaire avant d’embrasser lui-même une carrière de soldat et de partir en Indochine comme son modèle.

C’est donc en toute logique qu’il se lance dans le projet fou de sauver le château de Thorey et de racheter, lors d’une vente aux enchères, tout ce qu’il y avait dedans. Au terme d’une après-midi où il organise avec d’autres amis une sorte de putsch à la salle de vente et traite le commissaire priseur de « salaud », il se lance dans le plus grand combat de sa vie : élever Lyautey au rang des Foch, Jaurès et Clémenceau.

 « Il déplaisait aux couillons »

Voire même au-dessus, car si « Jaurès a dit des bonnes choses, Lyautey en a dit des meilleures » explique le Colonel Geoffroy qui n’a visiblement pas froid aux yeux. Il cite en exemple le discours du Maréchal à l’Assemblée Nationale lorsque celui-ci refusait de lancer les offensives d’avril. Ces offensives deviendront tristement célèbres pour avoir causé la mort de milliers de poilus sur le chemin des Dames. Il décide d’ailleurs de démissionner de son poste de ministre de la Guerre devant la bronca des députés et donc juste avant cet épisode qui lui donnera raison.

Le Colonel Geoffroy devant le Château du Général Lyautey

Le Colonel Geoffroy devant le Château du Général Lyautey

Lyautey était également « visionnaire », trop visiblement pour ceux qui ont décidé de l’écarter de l’histoire. « Il avait un côté social qui déplaisait aux couillons » argue le désormais maître du château qui regrette qu’un homme qui « mettait les intérêts de la France avant les siens » n’ait pas eu plus d’impact dans l’histoire de son pays.

Alors, pour réhabiliter la mémoire du Maréchal, Pierre Geoffroy sillonne la France et multiplie les colloques, les conférences et insiste même sur le rôle – mineur – de Lyautey durant la Première Guerre. En juillet prochain il ouvrira les portes du domaine pour une grande exposition sur l’art des poilus dans les tranchées. Nul doute qu’il en profitera pour « transmettre les messages de cet homme de génie ».

Visite organisée par Chercheur de sens : 06 47 27 10 94

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