Sur la ligne de front

14-18 en godasses, par les étudiants de l'Ecole de journalisme de Lille

Jacques-André Boquet, maire de Tracy-le-Mont et passionné de la Grande Guerre, multiplie les initiatives et les projets dans le cadre du centenaire.

Publié le 5 mars 2014 · Claire Delattre

Dans le cadre du centenaire de la Première Guerre mondiale, Jacques-André Boquet, maire de Tracy-le-Mont, met en œuvre de multiples projets pour valoriser la ville, son patrimoine et surtout la mémoire des poilus.

Jacques-André Boquet a grandi en Picardie. Ce technicien agricole, déjà conseiller municipal, a été élu maire en 2008, avec 60% des suffrages.

Jacques-André Boquet a grandi en Picardie. Ce technicien agricole, déjà conseiller municipal, a été élu maire en 2008, avec 60% des suffrages.

« Je suis le petit-fils d’un poilu, je fais donc partie de la dernière génération à avoir un lien charnel avec ces combattants ». Jacques-André Boquet est maire de Tracy-le-Mont, un petit village de 1750 habitants sur une superficie de 1750 hectares : « Presque un habitant par hectare ! » plaisante-t-il. Tracy-le-Mont comptait 2000 habitants en 1914 et 318 seulement à l’issue de la guerre. Aujourd’hui encore, le village n’a toujours pas retrouvé la population et la prospérité qui étaient siennes il y a un siècle…

Passionné de la Grande Guerre, Jacques-André Boquet fait partie des maires dont la tête et l’emploi du temps regorgent d’idées et de projets à l’occasion du centenaire. Mais il tient à marquer la distinction : « Au-delà du maire, c’est bien l’homme qui parle lorsque je dis qu’il ne faut pas oublier ce qui s’est passé et surtout que ça peut recommencer ».

Élu en 2008, il a vite remarqué que l’endroit foisonnait de vestiges de la Grande Guerre qui n’étaient pas réellement exploités. Ce qui présentait pour lui un intérêt, à la fois, économique et touristique. Et au-delà de ceux-ci, la notoriété : « Tout le monde connait la bataille de la Somme ou le Chemin des Dames, qui sont juste à côté de chez nous. Par contre, dans l’Oise, on a l’impression qu’on ne s’est pas battu. Pourtant, même en l’absence de grandes batailles, les vestiges sont très nombreux ».

Partager avant tout

« Contrairement à la plupart des collectionneurs, je suis pour le partage des documents et objets qu’on retrouve, je ne vois pas l’intérêt de tout garder pour moi » affirme Jacques-André Boquet. Il multiplie donc les initiatives avec, par exemple, la mise en place d’un sentier de randonnée dans le village qui mène aux lieux commémoratifs de la Grande Guerre, aux tranchées ou encore aux carrières allemandes.

L’association Patrimoine de la Grande Guerre a mis en place un balisage autour des vestiges de Tracy-le-Mont, pour une randonnée de six kilomètres. Des silhouettes en contreplaqué réalisées par des artistes locaux jalonnent leparcours.

L’association Patrimoine de la Grande Guerre a mis en place un balisage autour des vestiges de Tracy-le-Mont, pour une randonnée de six kilomètres. Des silhouettes en contreplaqué réalisées par des artistes locaux jalonnent le parcours.

« Je ne suis pas vraiment dans un esprit commémoratif, mais plutôt dans un esprit pédagogique » affirme-t-il. Outre les sorties de classes qu’il organise régulièrement, le maire a créé un Conseil municipal junior dans le but d’intégrer les jeunes aux commémorations. « Maintenant on a une vingtaine d’enfants qui participent aux événements commémoratifs et qui ont des projets concrets » parmi lesquels, notamment, redonner une histoire aux noms qui figurent sur les monuments aux morts.

Malgré ses tentatives de transmettre un devoir de mémoire aux jeunes générations, Jacques-André Boquet garde les pieds sur terre : « Je sais bien que quand on a 18 ou 20 ans, la Première Guerre mondiale, c’est l’équivalent de ce que représentaient les guerres napoléoniennes pour moi ! ».

Centenaire prometteur

Tracy-le-Mont fait par ailleurs partie des cinq Communautés de Communes qui travaillent ensemble au projet « Musée-Territoire 14-18 », avec un but unique : mettre en valeur le territoire, et plus encore que la grande histoire, le quotidien des poilus. Les communes se préparent donc au mieux à l’afflux de visiteurs évident que le centenaire va engendrer : « Tous les jours j’ai des demandes de visites et tous mes week-ends d’avril jusqu’à septembre sont réservés ! »

L’impact touristique est réel, surtout auprès des étrangers. Jacques-André Boquet rencontre régulièrement des anglophones sur les sentiers. Le maire regrette toutes fois le manque de moyens octroyés parfois à la restauration des cimetières français. « Quand on compare avec les cimetières allemands ou anglais qui sont parfaitement entretenus, c’est vraiment dommage ! »

La décharge qui fâche
Mots-clés : , , , , , , .

Sur la route du cinquième bataillon :

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>