Sur la ligne de front

14-18 en godasses, par les étudiants de l'Ecole de journalisme de Lille

Dans la forêt de Pfetterhouse, l’association des Amis du kilomètre zéro s’active à l’approche du centenaire. Sur cette parcelle se faisaient face Français, Allemands et Suisses et les vestiges sont nombreux, surtout du côté germanique. Reportage.

Publié le 5 mars 2014 · Elodie Hervé et Katia Anisimova - Photos : Katia Anisimova et Margaret Oheneba

Il est neuf heures du matin, la pluie vient de s’arrêter à Pfetterhouse. André Dubail, Martial Lavarenne et son chien Kléo sont déjà en forêt. Les mots fusent, les discussions sont passionnées. Les deux compères rigolent à gorge déployée et contournent les trous d’obus, la boue et les branches mouillées. Ils avancent d’un pas de sénateur et hument l’air frais. Le chien profite lui aussi de l’espace pour courir à toutes jambes.

A les voir le pas léger, l’air reposé, cette promenade matinale prend un air de vacances. Mais les apparences sont souvent trompeuses. André et Martial, sont tous deux membres du l’association des Amis du kilomètre zéro. Et avec leurs bottes, ils vont inspecter les artefacts de la Grande Guerre, très nombreux dans cette partie de la forêt. « Le beau temps arrive, nous allons bientôt pouvoir commencer à réparer les abris militaires », raconte Martial tout en avançant sur les traces des poilus.

Aujourd’hui l’inspection commence par la Villa Agathe, premier ouvrage français en béton armé de ce côté-ci du front. Cachée au milieu des arbres, elle est bien connue des habitants de Pfetterhouse. « Depuis que je suis petit, je viens jouer ici », se souvient André Dubail, le sourire aux lèvres.

Cette fortification française n’a presque pas bougé en un siècle. Les murs portent les stigmates d’une guerre longue et violente, mais l’ouvrage a résisté aux différentes attaques. Pour Martial, sur cette construction « il faut juste rajouter un enduit ». L’objectif est de consolider l’édifice mais aussi de lui donner un nouveau souffle.

Car, dans la région du Sundgau, qui se situe au Sud de l’Alsace, les intempéries sont fréquentes et les températures basses. Résultat : l’hiver l’eau gèle et fait exploser la pierre. A cela s’ajoute la mousse qui envahit peu à peu les fortifications. « Ce n’est pas dangereux pour le blockhaus, souligne André Dubail, mais ça donne l’impression d’un patrimoine laissé à l’abandon ».

Pour accéder à l’édifice, leur association a déjà construit un escalier en acacia l’année dernière. Maintenant, il faut inspecter l’intérieur. Des bougies fondues, déposées par ceux qui croyaient à la fin du monde en 2012, des stalactites, des papillons de nuit et un amont de terre au sol.

Les bougies ont été laissées dans la villa Agathe par des personnes venues se réfugier en 2012 par peur de la fin du monde.

Les bougies ont été laissées dans la villa Agathe par des personnes venues se réfugier en 2012 par peur de la fin du monde.

« Nous voudrions commencer à nettoyer d’ici deux mois, parce que sous nos pieds se cache un escalier qui doit probablement mener à des galeries souterraines », explique Martial. Un peu plus loin, un pont en pierre est envahi par la végétation. Sur ce vestige de la Grande Guerre, Martial et André souhaite, après l’avoir consolidé et nettoyé, planter un panneau explicatif pour les futurs touristes sont attendu pour les commémorations du centenaire.

Martial Lavarenne analyse l’ampleur de la végétation sur la villa Agathe.

Martial Lavarenne analyse l’ampleur de la végétation sur la villa Agathe.

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