Sur la ligne de front

14-18 en godasses, par les étudiants de l'Ecole de journalisme de Lille

Le régiment des Diables Rouges est un régiment historique, bien connu des Alsaciens pour son rôle salvateur lors de la Première Guerre mondiale. Nous avons rencontré ces soldats afin de comprendre comment l’histoire participait de leur identité actuelle.

Publié le 6 mars 2014 · Isaure Hiace

La 152ème division de l’armée française est un bataillon d’importance. Plus de 1000 hommes vivent au campement situé en plein cœur de Colmar, en Alsace. Bataillon au rôle essentiel sous la Première Guerre mondiale, nous avons été à la rencontre de ces soldats pour voir ce qu’il restait de la Grande guerre aujourd’hui.
 
Les diables rouges. Un régiment d’infanterie historique. Crée en 1794, ce bataillon alsacien a gardé beaucoup du temps où la région était allemande. Les bâtiments déjà. Construit à la fin du XIXème siècle, le lieu a du charme. Au cœur de la ville, il fait partie intégrante de Colmar qui lui a même offert une statue de diable rouge au rond-point.

Le bâtiment des Diables rouges à Colmar

Le bâtiment des Diables rouges à Colmar

La ville de Colmar a offert aux Diables Rouges cette statue, preuve de leur importance dans la région. Elle se situe au carrefour adjacent à leur bâtiment.

La ville de Colmar a offert aux Diables Rouges cette statue, preuve de leur importance dans la région. Elle se situe au carrefour adjacent à leur bâtiment.

La salle d’honneur rassemble les faits d’armes de la 152e division de l’armée française, les plus prestigieux remontant à la Première Guerre mondiale. En 1915, le rôle de ces soldats a été déterminant dans la bataille de l’Hartmannswillerkopf, l’une des plus meurtrières de la Première Guerre mondiale (20 000 morts). Le surnom des « diables rouges » remonte d’ailleurs à cette bataille : c’est ainsi que les Allemands désignaient la 152e division à l’époque, du fait de son efficacité.

« C’est encore très présent à l’esprit des soldats aujourd’hui », nous confie le capitaine Stéphane Lecomte. Officier supérieur adjoint du régiment, ce dernier nous présente la salle d’honneur avec fierté. « Tous les soldats ont déjà vu au moins une fois cette salle historique car ils signent leur contrat d’engagement ici. Durant leur première semaine, c’est à leurs familles que l’on fait visiter la salle d’honneur. »

Le Capitaine Lecomte dans le musée historique de la Salle d'honneur.

Le Capitaine Lecomte dans le musée historique de la Salle d’honneur.

photo 4
« La guerre 14-18 participe de l’identité du bataillon, ici dans la région. La fourragère rouge [plus haute distinction par rapport aux médailles du drapeau] sur notre tenue témoigne de l’importance de la Grande guerre pour nous. Notre bataillon a été le premier à la recevoir en France.»

« Notre histoire nous a sauvés »

Non seulement le prestige retiré de la Première Guerre mondiale permet aux « diables rouges » d’être soudés, de créer un esprit de corps mais cette histoire forte les a sauvés d’une possible dissolution. En effet, en 2012, de l’aveu du Capitaine Lecomte, leur bataillon était dans le viseur politique. La menace d’une dissolution pesait. Question d’économie. C’était sans compter sur le soutien infaillible de la population alsacienne et des élus locaux.

« Les diables rouges sont vus comme les protecteurs des Alsaciens et ce, depuis la Première Guerre mondiale. C’est déjà rare qu’un bataillon survive aussi longtemps, alors quand en plus, l’histoire occupe une place si importante dans son identité actuelle, évidemment, la population et les pouvoirs locaux nous apportent leur soutien. On peut dire que notre histoire nous a sauvés. »

Un centenaire festif

Pour le centenaire, les diables rouges participeront à beaucoup de manifestations. En juillet, le tour de France passera près du régiment. Une dizaine d’hommes s’habilleront en tenue de soldat de la guerre 14-18 pour soutenir les coureurs. Début août, les présidents français et allemands se retrouveront à l’Hartmannswillerkopf pour poser la première pierre d’un futur office franco-allemand. Pas question que cela se fasse sans les diables rouges ! Le capitaine Lecomte en est l’un des organisateurs, « une grande fierté » pour lui.

Mais un projet occupe les diables rouges depuis plus de trois mois et a mobilisé la majeure partie du millier de soldats du régiment. Toutes les compagnies ont, en effet, participé à l’enregistrement d’un album de chants de la Grande guerre. Enregistré en février dernier, le CD devrait sortir début mai. « Cela a permis au régiment de se replonger dans son histoire, très riche. Chanter des chansons de la Grande guerre nous semblait plus pertinent, plus actuel que de donner des conférences aux soldats. C’est notre histoire et notre identité. »

La Strasbourgeoise, hymne du régiment depuis la Première Guerre mondiale figurera, évidemment, sur l’album.

Mots-clés : , , , , , .

Sur la route du dixième bataillon :

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>