Sur la ligne de front

14-18 en godasses, par les étudiants de l'Ecole de journalisme de Lille

Reims commémore le centenaire de 14-18 de façon créative ! A partir de souvenirs racontés, la Maison du Parc de la Montagne de Reims lance une série de pièces de théâtre pour raconter la Grande Guerre.

Publié le 6 mars 2014 · Chloé Cohen - Photo : Robin Prudent

Le Parc de la Montagne de Reims organise, dans les communes de la région, des commémorations créatives pour le centenaire de la Grande guerre. 

Le 12 octobre 1913, Louvois, petite bourgade au coeur de la Montagne de Reims, est plongée dans le noir. La guerre menace.

Cette scène, ils l’ont répétée des centaines de fois. « Ils », ce sont les habitants de Louvois. Le 12 octobre dernier, soixante d’entre eux ont participé au projet « Par les communes », une série de pièces de théâtre créées pour raconter la Première Guerre mondiale.

Voyage dans le temps

La Montagne de Reims, arrière-front du conflit 14-18, lieu d’approvisionnement et de repos pour les soldats, garde encore les empreintes d’une guerre meurtrière. Des églises, des écoles, des mairies disparurent, frappées par les forces allemandes. Cette période, les habitants des soixante-huit communes de la région ne l’ont pas connue. Pourtant, le Parc de la Montagne de Reims, collectivité créée en 1976, a souhaité « rassembler et faire parler les habitants sur ce conflit », explique Caroline Besset, chargée de la culture et du patrimoine du parc naturel régional. « Toutes les communes sont invitées à raconter les souvenirs de souvenirs de cette guerre », destinés à la construction de spectacles participatifs et gratuits. Des saynètes, créées à partir d’histoires de la Grande guerre, « pour raconter le quotidien des résidents de ces communes et de larrière-front », sont écrites par la compagnie de théâtre « Diable à 4 pattes » et jouées par les habitants. Chaque village se retrouve alors plongé entre 1914 et 1918, au coeur de ces années de conflit. Le premier spectacle s’est tenu à Louvois, où cinq cent personnes sont venues y assister.

Création versus reconstitution

« Le but de notre projet artistique nest pas de reconstituer des événements réellement vécus, mais de sinspirer de souvenirs racontés », précise Caroline Besset. « Les reconstitutions permettent à linconscient collectif de se représenter les événements et de comprendre plus facilement ce quil sest passé, mais il ne faut pas que ça se limite à cela » ajoute-t-elle. Le débat « reconstitution versus création » agite les commémorations organisées à l’occasion du centenaire de la Première Guerre mondiale. Didier Blanchard, président-fondateur de l’association « Le Poilu de la Marne », un collectif de reconstitution des combats de la guerre 14-18, critique certains de ces événements créatifs : « Nous, on veut ressembler le plus possible à ce qu’étaient les soldats, on ne fait pas de carnaval », insiste-t-il. Entre création à partir de souvenirs racontés et reconstitution de la réalité, chacun célèbre le centenaire à sa manière pour garder vivante la mémoire collective.

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