Sur la ligne de front

14-18 en godasses, par les étudiants de l'Ecole de journalisme de Lille

La bibliothèque municipale de Mulhouse choisit Théophile Alexandre Steinlen pour illustrer le centenaire de la guerre 14-18. L’œuvre du graveur offre une vision réaliste du quotidien des soldats et des civils.

Publié le 6 mars 2014 · Margaret Oheneba - Photos : Yingya Han

La bibliothèque municipale de Mulhouse se prépare pour le centenaire de la Première Guerre mondiale. Pour le mois d’octobre 2014, l’établissement envisage d’exposer une quarantaine d’estampes du graveur suisse Théophile Alexandre Steinlen, célèbre pour son affiche promotionnelle du cabaret le Chat noir à Montmartre. Bernadette Litschgi, conservatrice à la bibliothèque de Mulhouse, est en charge du projet.

Bernadette Litschgi pose sur l’une des tables de la salle du patrimoine une grande chemise en papier. Dedans, les dessins de Théophile Alexandre Steinlen. Le papier a jauni depuis. « C’est une vision de tout ce que la guerre engendre », résume Bernadette Listchgi. L’exposition doit porter sur ses estampes consacrées à la Première Guerre mondiale. Le lithographe et affichiste suisse a fait le  choix de représenter, sur une série de gravures, les hommes et les femmes pris au piège par le conflit. Les Poilus, tout d’abord, mais aussi les veuves, les enfants, les blessés et les réfugiés. Il représente « la vision humaine des événements », déclare la conservatrice de la bibliothèque de Mulhouse. C’est la marque de l’artiste, qui a consacré une grande partie de son œuvre aux personnes malmenés par la vie.

Dessins "Le Secours national" du graveur suisse Théophile Alexandre Steinlen. Crayon sur papier.

Dessin « Le Secours national » du graveur suisse Théophile Alexandre Steinlen. Crayon sur papier.

Un témoin de la Grande guerre

Les œuvres de l’artiste lausannois proviennent du fond de la bibliothèque de Mulhouse. Le graveur a vécu au début de sa carrière dans la ville alsacienne. Dans les années 1880, il s’est installé sur la butte Montmartre, où il a fréquenté le peintre Henri de Toulouse-Lautrec. Il avait la cinquantaine quand la Première Guerre mondiale a éclaté. En 1917, il a participé à une mission artistique de l’armée française, qui le mène sur le front. Là il y croque des portraits réalistes du quotidien des soldats et des civils, loin des images d’Epinal diffusées à l’époque par les artistes.

La commémoration du début du premier conflit mondial est l’occasion pour la bibliothèque de Mulhouse de faire découvrir ces estampes de Steinlen au public, à qui elles ne sont pas accessibles habituellement. Stockées dans les tiroirs, elles côtoient les 8000 autres pièces dont dispose la bibliothèque.

 

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