Sur la ligne de front

14-18 en godasses, par les étudiants de l'Ecole de journalisme de Lille

Le Gros Max. Ce n’est pas un personnage des Tontons Flingueurs, mais bien un canon allemand qui a bombardé Nancy entre 1916 et 1917. Perdu dans le bois de Charmont, l’association « Morville lieu de vie » tente de raviver son souvenir.

Publié le 6 mars 2014 · Vincent Lenoir - Photos : Sonia Collavizza

Aujourd’hui, il n’en reste qu’une cuve et des galeries inondées. Plusieurs blocs de béton recouverts de mousse, encerclés par des trous d’obus et une forêt de ronces et de sapins. Des rails du train qui a amené les pièces du canon à partir de la ville d’Hampont, il ne reste que quelques pierres des anciens ballasts. Et sans Noël Arnaud et Hervé Maillard, de l’association « Morville lieu de vie », le site du « Gros Max » serait presque inaccessible. Et quasi-oublié.

 « La cuve où se trouvait le canon. En-dessous, plusieurs centaines de mètres de galeries où vivaient les soldats allemands et où étaient entreposés les munitions ».

« La cuve où se trouvait le canon. En-dessous, plusieurs centaines de mètres de galeries où vivaient les soldats allemands et où étaient entreposées les munitions. »

En 2011, les deux Morvillois se sont armés de leurs sécateurs et ont tracé des chemins dans le bois de Chaumont pour accéder au fameux canon. Trois mois de travail pendant les jours de congés et les week-ends pour une marche organisée en juin. Celle-ci a réuni 50 personnes du village et s’est soldée par un barbecue et plusieurs sangrias. « Il n’y avait pas de fête à Morville, du coup on a décidé de faire une marche chaque année sur un thème. En 2011 c’était le Gros Max » raconte Noël Arnaud, président de l’association.

« Depuis plusieurs années, Hervé et Noël ont ratissé le bois Chaumont à la recherche de traces de la Première guerre mondiale ».

Depuis plusieurs années, Hervé et Noël ont ratissé le bois Chaumont à la recherche de traces de la Première Guerre mondiale.

Des obus de presque 1 mètre 50

Souvent confondu avec la « grosse Bertha » qui, selon la légende, aurait bombardé Paris, le « Gros Max », aussi appelé « le brumaire » a été mis en place en 1915. Ce canon de 38 cm de diamètre était la crème de l’artillerie de l’époque. Du bois de Charmont, sa cible principale était Nancy, à 35 km. Les obus, de presque 1 mètre 50 de haut, ont causé la mort de 38 Nancéens et d’importants dégâts matériels. Le premier obus a été tiré le 1er janvier 1916 et les tirs se sont poursuivis pendant un an. On en sait peu sur ce qui est arrivé au « Gros Max » après son retour en Allemagne. « Peut-être qu’ils l’ont fondu ? » se demande Noël Arnaud, sans plus d’informations.

« Plus de cent obus de cette taille sont tombés sur Nancy en 1916 »

« Plus de cent obus de cette taille sont tombés sur Nancy en 1916. »

Un accès de plus en plus difficile

« Ca fait deux ans environ qu’on n’y est pas retourné », raconte Hervé Maillard. Pourtant, ils connaissent toujours les lieux par cœur. « En été, on est obligé de suivre les sentiers pour accéder au Max. A cause de la végétation », bien moins présente en hiver. Accompagnés de leurs bottes et de leur appareil photo, ils remarquent tout de même que l’accès est de plus en plus difficile. Sans doute parce que malgré l’effort des deux Morvillois, peu de gens empruntent le sentier. Et personne à part eux ne se sont occupés de mettre ce site en valeur. « C’est sans doute dû à l’envie qu’avait les gens d’oublier ces lieux, explique Noël Arnaud. Il y a vingt ans encore, les Allemands c’était « les boches » ou les « pointes », un sentiment peu propice à la mise en valeur d’un site synonyme de morts dans la région.

 

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