Sur la ligne de front

14-18 en godasses, par les étudiants de l'Ecole de journalisme de Lille

Vincent Heyer est passionné par l’histoire. Auteur de nombreux ouvrages sur la Première Guerre mondiale, un sourire illumine son visage dès qu’il aborde le sujet. Portrait.

Publié le 6 mars 2014 · Yuta Yagishita - Photos : Yingya Han

Les yeux bruns de Vincent Heyer pétillent quand il parle d’histoire. Rien n’exprime mieux sa passion pour le passé que ce rayonnement. Né à Seppois-le-Haut en 1964, il écrit de nombreux ouvrages sur l’histoire contemporaine de sa région, appelée en alsacien Sundgau, tout en s’occupant d’un atelier de pièces détachées pour les piscines.

Depuis son enfance, il écoute les anecdotes de sa grande mère, Anne Hackermann, à qui il rend visite fréquemment dans sa maison de retraite. Elle a cent un ans et sa mémoire est une mine d’or pour lui. « J’ai toujours aimé l’histoire et ma grand-mère a tellement été marquée par la Première Guerre mondiale. Elle se rappelle encore de l’évacuation de son village en 1916. » s’exclame-t-il dans un grand geste. « Quand le passé est raconté par une personne qui l’a réellement vécu, ça a une force que n’ont pas les œuvres d’historiens. »

Avec sa terre fertile et ses mines d’halite, l’Alsace a fait l’objet de conflits franco-allemands depuis l’époque de Louis XIV. De 1870 à 1944, la langue administrative du Sundgau a changé quatre fois, alors que les locaux parlaient toujours en alsacien, un dialecte d’allemand. D’où la réticence des habitants d’aborder les sujets liés à la guerre. Ce côté mystérieux du passé a sans doute suscité encore plus l’intérêt de Vincent.

Mais, malgré le temps et les efforts qu’il y consacre aujourd’hui, l’histoire n’est pas son métier. Jusqu’à ses 27 ans, sa passion a été le cyclisme. Comme il se « contentait des dires de [sa] grande mère » à l’époque, il n’avait pas l’intention de faire des recherches scientifiques. « C’est aussi parce que j’ai quitté mes études très tôt », avoue-t-il à demi-mot.

Vincent Heyer raconte des souvenirs d’enfance avec sa grand-mère, aujourd’hui centenaire.

Vincent Heyer raconte des souvenirs d’enfance avec sa grand-mère, aujourd’hui centenaire.

Des témoignages récoltés pendant son service militaire

Ne pouvant tout de même pas oublier le charme des anecdotes historiques, Vincent a « profité » de son service militaire pour partir à la rencontre des anciens. La société pour laquelle il travaillait à l’époque s’appelait Samu (Société alsacienne de mécanique et d’usinage) et comme « ils ont confondu avec l’organisation médicale, ils m’ont envoyé dans un hôpital militaire à Metz. » Là-bas, en 1984, il a pu rencontrer quelques anciens combattants de la Grande guerre, encore traumatisés, qui venaient se faire soigner.

Sollicité par les personnes qu’il a interrogées et poussé par le regret de n’avoir « pas suffisamment usé son pantalon sur les bancs des écoles », il s’est décidé à écrire sur le sujet. Son premier livre 1914-1918, Première guerre mondiale sur le front de la Largue – canton de Hirsingue, Ferette, Delle a été publié en 2000. A cette époque, le jeune homme au vélo était déjà marié et père de deux enfants. Dans son garage dorment une dizaine d’anciens casques des deux guerres mondiale à côté de ses vélos, des chaussures de marche et d’une photo de jeunesse en noir et blanc accrochée au mur, sur laquelle il pédale. Ses yeux souriants ont gardé l’émerveillement d’un enfant qui écoute les récits de sa grand-mère.

Depuis, il a publié dix autres livres, dont le dernier La Première et la seconde guerre mondiale dans le Sundgau est sorti en décembre dernier. « L’idée était de laisser une trace peut-être pour ma grande mère, pour mes enfants, pour les génération futures. Je voulais vraiment que tout cela devienne concret et que ça ne puisse pas partir en fumée. »

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Sur la route du onzième bataillon :

Commentaires

  1. Dear Vincent,

    I have an original photo of the 28th Bataillon du Genie with 82 soldiers (no idea who-is-who), taken by a professional photographer R. Larcher from Vesoul. It is certainly from WW-I, but I know very little about this bataillion, except that it was erected in 1914 in Belfort. Do you know someone in France knowing more about this Bataillon.

    With kind regards,

    Just Vlak
    Rhenen, The Netherlands

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