Sur la ligne de front

14-18 en godasses, par les étudiants de l'Ecole de journalisme de Lille

A Laneuvelotte, en Meurthe-et-Moselle, Jean-Marie Cuny et Alain Diaquin préparent le centenaire en chansons.

Publié le 7 mars 2014 · Clément Mathis

« On vous rase avec les taxis de la Marne, tous ces clichés, mais la victoire de la Marne, elle a commencé ici ! » s’emporte Jean-Marie Cuny. L’historien, spécialiste de la Lorraine, est un fervent partisan de la réhabilitation de la bataille du Grand Couronné, autour de Nancy. A sa droite, Alain Diaquin, acquiesce. La soixantaine, ce professeur d’EPS à la retraite, fan de VTT, s’est pris de passion pour l’histoire, et particulièrement pour celle de la Grande guerre. Dans son gîte « la Maison aux volets bleus » – information qui suffit amplement pour se repérer dans le minuscule village de Laneuvelotte – il présente son association. Des passionnés qui ont des idées : des décors de cinéma à la vente de CDs, ils ont même invité François Hollande aux commémorations de septembre 2014.

Jean-Marie Cuny (à g.) et Alain Diaquin (à d.), à « La maison aux volets bleus » de Laneuvelotte

Jean-Marie Cuny (à g.) et Alain Diaquin (à d.), à « la Maison aux volets bleus » de Laneuvelotte

« Moi-même, explique Alain Diaquin, en vieillissant j’ai eu envie de connaître mes ancêtres, d’en savoir plus sur l’histoire de ma famille. J’ai découvert qu’un de mes aïeuls était mort ici, le 7 septembre 1914. » Il lance donc le Cercle d’histoire au sein du Foyer rural du village. Lui animait pourtant des sections sport. « Mais ici, en se baladant dans la forêt, on tombe toujours sur des morceaux d’histoire. » L’initiative est un succès dans la région : de plus en plus de gens ramènent des cartes postales anciennes, des documents de famille, ou des objets qu’ils trouvent sur leur terrain. Très vite, ils ont tellement de matière qu’ils ont besoin d’exposer quelque part.

Un concert historique

Il n’y a pas de salle assez grande dans ce village de 414 habitants : l’exposition se tient en novembre 2013 dans la ville voisine de Seichamps. « Ça a duré trois jours, mais les gens étaient frustrés : ils en voulaient plus. On a eu un grand succès. » Des conférences, une exposition d’objets et de documents donc, mais aussi des idées originales comme la location de décors de cinéma et de costumes d’époque pour rendre vivants ces trois jours. Mais le point d’orgue du week-end, c’est le concert de chants de poilus. « Ce sont des chants qui restent dans la mémoire collective. Les vieux les connaissent, et on a complété avec les documents que j’avais chez moi », raconte Jean-Marie Cuny. Des documents sur des chants de poilus ? « Il faut savoir qu’il vit dans une bibliothèque, aussi ! » rigole Alain Diaquin. Le concert est un franc succès et l’association vend à présent l’enregistrement sur CD. « Certains sont des chants Lorrains, mais bon « Vous n’aurez pas l’Alsace et la Lorraine », ça tout le monde connaît ! » explique l’historien.

Pour septembre, à l’occasion du centenaire de la bataille du Grand Couronné, ils prévoient une commémoration à la nécropole de Champenoux. « On a invité le président Hollande, mais apparemment il ne viendra pas… » se désole Alain Diaquin. « Pourtant, le président Poincaré est venu ici en 1914. Bon ,lui était de la Meuse, ce n’est pas loin », précise Jean-Marie Cuny. Les autres projets sont menés avec des partenaires locaux : l’enjeu est de rendre visibles les vestiges restants, sans pour autant amener trop de monde dans des endroits dangereux ou non-balisés. « C’est pour ça qu’on doit voir avec l’ONF [Office national des forêts] ce qu’on peut indiquer ou pas : là où on met seulement des panneaux devant les lieux, là où on peut indiquer l’itinéraire. » Ils mènent aussi des formations, par exemple pour apprendre à utiliser les GPS afin de localiser les vestiges. « En ce moment, certains sont dans la forêt en train de relever des positions ! Hier, l’un d’eux en a ramené plus de mille ! », se réjouit Alain Draquin.

Malgré le centenaire, la guerre de 1914 reste un sujet assez méconnu. « Un problème de transmission », assure Jean-Marie Cuny. Précisant, des regrets dans la voix : « Les vieux, quand ils nous parlaient de 14, on ne les écoutaient pas… »

La stèle de La Bouzule en hommage au 212è régiment tombé en septembre 1914

La stèle de La Bouzule en hommage au 212è régiment tombé en septembre 1914

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Sur la route du neuvième bataillon :

Commentaires

  1. Bonjour
    Site super mais attentioin 1 seul morceau est audible….et ce n’est pas le cercle d’histoire de Laneuvelotte qui va organiser la comémoration à Champenoux mais le communauté de communes du Grand-Couronné.
    à bientôt

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