Sur la ligne de front

14-18 en godasses, par les étudiants de l'Ecole de journalisme de Lille

L’auteur du Livre de la Jungle, Rudyard Kipling a perdu son fils au front, à Loos. Cette disparition précoce imprègne aujourd’hui encore la commune qui accueille sa tombe.

Publié le 7 mars 2014 · Charlotte Cieslinski et Etienne Combier

Lorsque la communauté d’agglomération de l’Artois lance un appel à projet pour commémorer 14-18, Claude Deflandre se dit d’abord « C’est pas pour nous. » Antimilitariste de longue date, il ne porte ni les célébrations militaires ni les reconstitutions de bataille dans son cœur. Après réflexion, avec son association Animation en Cité, il refuse de s’enliser dans un centenaire qui s’annonce austère et conformiste.

« S’ils veulent savoir pourquoi nous avons péri, Dites-leur : c’est parce que nos pères ont menti. »

En se plongeant dans les correspondances de Kipling père avec son fils, puis dans les poèmes que sa mort lui a inspiré, ils sont émus et frappés par l’actualité que conservent ces écrits cent ans plus tard. La veille de mourir, John Kipling écrivait à son père : « Demain c’est LA grande offensive pour percer et mettre fin à la guerre. »

Cette illusion que la guerre puisse résoudre les problèmes, Claude Deflandre et sa compagnie souhaitent en faire le thème central de leur hommage. Ni moralisateur, ni dogmatique, cet honneur rendu à John Kipling (également appelé « Jack ») prendra la forme d’un spectacle qui se jouera le 29 juin à Noyelles-les-Vermelles et le 8 novembre à Haisnes.

« Avez-vous eu des nouvelles de mon fils Jack? »

C’est par exemple avec les Biscottos, un groupe de rock pour enfants, qu’une classe travaille à mettre en chanson My Boy Jack, l’un des poèmes les plus poignants de Rudyard Kipling. Épaulés par Grégory Allard, le leader du groupe, les enfants découvrent le désarroi de l’écrivain qui ne voit pas revenir son fils de la guerre.

D’autres chansons sont aussi en préparation et un atelier de création théâtrale a été mis en place avec Bernard Debreyne, carnavaleux dunkerquois, pour dépoussiérer la Grande guerre. Les ateliers d’écriture organisés sont des passerelles avec le reste de l’œuvre de Rudyard Kipling, et peuvent parfois être l’occasion de redécouvrir Le livre de la Jungle.

« Finalement, John… Mowgli… ne sont-ils pas quelque part tous les deux les fils de Kipling ? », s’interroge Claude Deflandre, le sourire aux lèvres. Une piste de départ mais plusieurs points d’arrivée : c’est à travers un bien joyeux cheminement de mémoire qu’Animations en cité invite à rendre hommage à John Kipling.

Cette histoire a également inspiré un film biographique, dont le rôle titre est joué par Daniel Radcliffe.

 

 

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