Sur la ligne de front

14-18 en godasses, par les étudiants de l'Ecole de journalisme de Lille

Nauroy, un petit village à l’Est de Reims, comptait 122 habitants en 1914. Complètement détruit pendant la Première Guerre mondiale, le village n’a pas été reconstruit. L’association Les amis de Nauroy en réhabilite certaines parties pour qu’il puisse accueillir des visiteurs.

Publié le 7 mars 2014 · Texte et photo : Laure Delacloche - Sons : Chloé Cohen

Une route départementale contourne un petit bois non entretenu. Plus loin, une chapelle se dresse, devançant un mur de pierre, celui du cimetière. Difficile d’imaginer, aujourd’hui, que ce bois fut un paisible village jusqu’à l’arrivée des troupes allemandes, en 1914.

 

Quand les Allemands s’installent à Nauroy, ils réquisitionnent les fermes et déportent les habitants du village. Beine, commune voisine de Nauroy, sera elle aussi détruite puis reconstruite après-guerre. Pas Nauroy. “Le maire de l’époque avait perdu beaucoup de sa famille donc c’était trop dur pour lui de revenir. De plus, c’était un endroit où cultiver la terre était difficile : il n’y avait pas d’eau et tout était en ruines. Il a fallu défricher, déminer…”,  raconte Monique Durand, du collectif Les amis de Nauroy. Un membre d’une autre association, les Monts de Champagne, ajoute : “Il y a aussi eu une pression de l’Etat qui voulait créer un grand terrain militaire. La route de Beine était stratégique donc elle a été refaite tout de suite après la guerre, contrairement à celle de Nauroy.”

 

Monique Durand utilise des photographies d’époque pour que les visiteurs se représentent le village.

Monique Durand utilise des photographies d’époque pour que les visiteurs se représentent le village.

Surprises en sous-sol

En 2011, Monique Durand, membre du collectif Les amis de Nauroy, décide de faire revivre ce qui reste du village, désormais situé en terrain militaire et donc interdit d’accès.

Les membres des Amis de Nauroy ont dû signer un papier dans lequel ils déclarent connaître les risques pyrotechniques qu’ils encourent en menant leurs activités à Nauroy. “Notre but, c’est de réhabiliter le cimetière”, précise Monique Durand. Les murs de celui-ci ont été reconstruits, mais l’intérieur ressemble à un chantier archéologique. De rares pierres tombales ont réchappé des combats. “La chapelle, qui a été reconstruite en 1920 dans le style art déco, sert de monument aux morts. On voudrait la restaurer car elle est toute humble.”

Peu de ruines subsistent à Nauroy, mais des objets ont été retrouvés.

Peu de ruines subsistent à Nauroy, mais des objets ont été retrouvés.

Monique Durand, institutrice à la retraite, tient à y associer la jeunesse des environs : “On a des collégiens avec nous qui ont réalisé un ouvrage sur le quotidien des civils dans les villages détruits. Ils sont venus nous aider au cimetière. Pour un enfant, cet endroit est intriguant : c’est la brousse, c’est un endroit militaire, on n’a pas le droit de creuser…” Aucun projet de fouille n’est en effet prévu à Nauroy pour l’instant. Et si l’association n’a pas reçu le droit de creuser par l’armée, c’est en partie parce que ces fouilles posent de sérieux problèmes de sécurité.

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Sur la route du septième bataillon :

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