Sur la ligne de front

14-18 en godasses, par les étudiants de l'Ecole de journalisme de Lille

Le cercle des généalogistes s’est lancé depuis plusieurs mois dans une tâche fastidieuse : donner à chaque mort alsacien de la Grande guerre, civil ou soldat, une fiche d’identité spécifique. Un travail qui ne fait pas peur à cette douzaine de passionnés, au service de la généalogie depuis 1982.

Publié le 7 mars 2014 · Adrien Franque

Dans un local du centre de Munster, une douzaine de passionnés se réunit tous les mois. Le cercle de généalogie du canton existe depuis 1982. Depuis quelques temps, ils cherchent à regrouper un maximum d’informations sur les soldats inscrits sur les monuments aux morts de la vallée.

Liliane Egelé est la secrétaire adjointe du Cercle de généalogie de Munster. Membre de l’association depuis 2002, elle voulait à la base s’informer sur sa grand-mère, née à Mittelwihr. Une décennie plus tard, elle répertorie les identités des morts de 14-18 avec ses acolytes généalogistes. Sur fiches, puis sur internet. Un travail de longue haleine, monument par monument, soldat par soldat. « Mais on en voit bientôt la fin », indique Michèle Bianchi, secrétaire de l’association. Ils s’attaquent actuellement aux morts de Munster. Elle montre la dernière fiche remplie, celle d’un trentenaire de Metzeral mort à Dabrowka, en Pologne.

Grâce aux registres des archives municipales, la tâche est un peu facilitée. Mais quelquefois, les membres du cercle ont tout de même besoin d’aller chercher jusque dans les journaux de bord des officiers, qui signalaient les pertes journalières.

Un travail d’inventaire rendu également difficile par l’écriture gothique des avis de décès de l’époque, les soldats de la vallée de Munster ayant en grande majorité combattu côté allemand. « Il faut d’abord savoir lire l’allemand, évidemment, puis nous avons dû suivre une formation en paléographie, pour décrypter les écritures parfois illisibles de cette époque. C’est le côté le plus difficile de ce travail, mais avec la pratique, on améliore sa lecture », explique Liliane Egelé.

Le cercle des généalogistes se réunit une fois par mois dans un local gracieusement prêté par la mairie de Munster.

Le cercle des généalogistes se réunit une fois par mois dans un local gracieusement prêté par la mairie de Munster.

La double sépulture du soldat Brignon

Les monuments aux morts, source principale de ces travaux, réservent parfois aussi leur lot d’anomalies. Comme ces noms ne correspondant à rien, ou ces civils classés par erreur comme soldats, et inversement. Ou encore le cas de ce soldat « mort pour la France »  récemment découvert par le Cercle : Jean Benoît Brignon, chasseur alpin tué en 1915 et qui se retrouve avec deux tombes, une à Metzeral, l’autre à Sondernach.

Ce travail sur la Grande guerre a été commencé il y a quatre ans sous l’impulsion de Serge Geisert, le président du Cercle, « en prévision du centenaire. » Lui a attrapé le virus de la généalogie à 20 ans et n’a pas arrêté de creuser la mémoire familiale depuis. « Je suis revenu jusqu’à Adam et Eve » lâche-t-il malicieusement. Il confie que le côté le plus réjouissant de la généalogie, ce n’est pas de trouver, mais de chercher. « Il y a un aspect enquêteur vraiment jouissif dans le travail qu’on effectue. »

S’il n’avoue pas d’attirance particulière pour la Première Guerre mondiale, il concède qu’il est « impossible de s’intéresser à l’histoire de la vallée et de faire l’impasse sur 14-18. Le canton de Munster était un champ de bataille, c’est comme si l’on vivait à Verdun, c’est difficile de passer à côté. » Ce travail de recherche sur les morts de 14-18 n’est ainsi qu’une partie des travaux du Cercle. Ceux-ci répondent par ailleurs aux demandes de recherche qui leur arrivent de toutes parts, aussi bien de généalogistes confirmés que de particuliers s’intéressant à leurs aïeux. Histoire de permettre à chacun de remonter son arbre.

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