Sur la ligne de front

14-18 en godasses, par les étudiants de l'Ecole de journalisme de Lille

Lucette et Bernard Lambot sont membre de l’association La Machemontoise, en charge de la rénnovation des carrières calcaires de Montigny. Ce lieu qui servait au repos des soldats pendant la guerre les amènent à découvrir des histoires surprenantes de poilus.

Publié le 7 mars 2014 · Pauline Sauthier

Ce sont deux déesses grecques, des Victoires ailées, qui ont amené le couple Lambot à s’intéresser à la guerre de 14-18. Dans le carrières calcaires de Montigny, Bernard Lambot aide à débroussailler un site historique quand il découvre plusieurs sculptures datant de la Grande guerre. Deux d’entre elles sont signées par un certain Corpait. L’une d’elle représente Athéna Niké, symbole grec de la victoire. Intrigué, le couple Lambot veut en savoir davantage sur ce poilu sculpteur.

Un an plus tard, un Américain vient présenter aux carrières le journal d’un soldat soigneusement enluminé et illustré d’aquarelles. La couverture est gravée à l’effigie de la déesse Athéna Niké. Dans son ouvrage, Léopold Maréchal raconte son quotidien dans ce lieu de repos, à 1,5 km du Front.  Le couple Lambot, absent le jour de la présentation par le propriétaire du manuscrit,  se lance dans la recherche d’archives sur ce soldat.

« Quand ils sont morts au combat, on a des documents mais quand ils s’en sont sortis, coucou pour les retrouver », s’exclame Bernard Lambot, fonctionnaire à la retraite et généalogiste amateur. Pourtant, des pistes apparaissent. Avec l’aide d’un membre de La Machemontoise, Lucette Lambot retrouve la trace d’un certain Cropait, ténor de l’opéra de Paris passé par le site des carrières. Un jour où son époux va à Paris, elle lui demande de passer aux archives et découvre une légion d’honneur avec la mention d’un Monsieur Corpait dit Cropait. Les recherches se poursuivent, Lucette Lambot travaille surtout sur internet et son mari propose des hypothèses, s’intéresse à la partie artistique. Désormais, le couple peut parler des critiques des opéras où chante Corpait, des faits divers où il apparaît –  sanguin sans pour autant être un voyou – autant que de sa descendance. « La seule chose qui nous manque, c’est son éducation », regrette Bernard Lambot.

Corprait, un soldat qui chante et qui sculpte :

« Pour Maréchal, ça a été plus dur, c’est un nom très commun », reconnaît Lucette. Elle en entend d’abord parler en septembre 2013. Elle ne base ses recherches que sur la mention, dans son manuscrit, de son accent provençal. Elle établit une date de naissance approximative et se lance dans une exploration, région par région, des archives militaires. Le couple sabre une bouteille de champagne quand, de passage à Paris, Lucette Lambot trouve la fiche matricule de Léoopold Marechal, « peintre-graveur ». « Maréchal, c’est l’antithèse de Cropait » fait remarquer un membre de l’association. Bernard Lambot confirme : « Maréchal, il subit la guerre, il a une vie un peu plate, Cropait, c’est un sacré oiseau, il a deux gamins, il est volontaire pour tout. »

Les aquarelles du soldat Maréchal :

Sans l’histoire de ces deux hommes, le couple ne se serait peut-être pas intéressé à la guerre 14-18. « Je n’ai jamais fait la généalogie de ma famille » reconnaît Lucette Lambot. Son époux ne dit pas autre chose : « Mon père était militaire en 40 et je n’ai pas fait de recherches, ce qui nous intéresse, ce sont les traces de ces hommes.»

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Sur la route du cinquième bataillon :

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