Sur la ligne de front

14-18 en godasses, par les étudiants de l'Ecole de journalisme de Lille

A travers des documents tels que des journaux publiés par des jeunes de Munster ou des photographies d’époque, les archives municipales reconstituent la vie de la ville lors d’une exposition.

Publié le 8 mars 2014 · Adrien Franque

En 1915, prise entre deux feux, la ville de Munster a dû être évacuée. Ville fantôme jusqu’en 1919, les habitants sont alors revenus reconstruire sur les décombres. Les archives municipales de la ville organiseront l’an prochain une exposition revenant sur cette période particulière.

Des bâtiments éventrés, un obus en pleine place du marché, les zones de combats qui se rapprochent, à Hartmannswillerkopf ou au Linge : en 1915, l’évacuation de Munster est décidée. Les milliers d’habitants vont alors se réfugier dans des baraquements sur la plaine d’Alsace ou dans leurs familles, laissant la ville en proie aux bombardements. Les Munstériens ne feront leur retour qu’à la fin de la guerre, en 1919, et se chargeront de reconstruire leur ville.

Cette période  particulière de la ville alsacienne, les archives municipales en compagnie du service culturel vont la raconter dans une exposition l’an prochain. A travers des documents d’archives, tels que des journaux publiés par des jeunes de Munster ou des photographies d’époque. Une période de « ville morte » qui a finalement laissé peu de traces dans les rues de Munster. « Ce qu’il reste finalement de cette période de no man’s land, c’est l’absence », explique l’archiviste Annick Méchin. « La ville possédait un théâtre qui a été partiellement détruit par la guerre, et qui ne fut pas reconstruit. Munster avait également un aspect médiéval à l’époque qu’elle n’a plus désormais. »

« L’industrie du textile a également connu un coup d’arrêt important », selon Serge Geisert, du Cercle des généalogistes de Munster. « Mais toutes ces usines ont été reconstruites après-guerre, avec une modernisation des bâtiments. » L’usine Hartmann, incontournable dans la région, sera même connue à l’époque pour avoir les métiers à tisser les plus modernes d’Europe. En 1925, la reconstruction était terminée. Une exposition artisanale finira de sceller la réhabilitation de Munster.

Mais toute la population de la ville n’est pas revenue. De 5752 habitants en 1910, il n’y en avait plus que 4027 en 1921. « L’importante population d’avant 1914, proche des 6000 habitants, la ville ne la connaîtra plus sur les 100 ans qui suivent, encore aujourd’hui », relève le généalogiste. Certaines familles allemandes feront par exemple le choix de ne pas revenir dans l’Alsace redevenue française. D’autres viendront repeupler Munster, comme les maçons italiens embauchés pour reconstruire la ville. « Encore aujourd’hui, il reste par exemple des patronymes comme Basso ou Triaca dans la vallée », explique Serge Geisert. Un des derniers restes de cette « ville morte » qu’était Munster.

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