Sur la ligne de front

14-18 en godasses, par les étudiants de l'Ecole de journalisme de Lille

Au bas de la montagne de l’Hartmannswillerkopf, les vignes ont remplacé les soldats. Dans la cave du Vieil Armand, mémoire et vins se côtoient.

Publié le 8 mars 2014 · Margaret Oheneba et Elodie Hervé - Photos : Yuta Yagishita et Yingya Han

Du pied du Hartmannswillerkopf, difficile de croire qu’il y a un siècle, des soldats allemands et français se sont violemment affrontés. Pourtant, la montagne du Vieil-Armand (nom qui lui a été donné pendant la Première Guerre mondiale) est surnommée « la mangeuse d’hommes », à cause de la violence des combats du premier hiver de la Grande Guerre. Chaque camp a compté dans ses rangs 15 000 morts ou blessés. Aujourd’hui, des pieds de vignes sont plantés au bas du Hartsmannwillerkopf. Sébastien Lonjaret nous fait découvrir les vins alsaciens et la particularité de site localisé au pied du Vieil Armand.

Sur la route des vins d’Alsace se dessine un imposant bâtiment. Signalé par des panneaux 500 mètres plus tôt, impossible de le rater. Sébastien Lonjaret, des lunettes, un large sourire et des cheveux châtains s’active à faire goûter les crus alsaciens. Ce conseiller responsable des ventes arpente les allées du magasin pour présenter les différents produits aux clients. Parce qu’ici, on produit sept vins différents, dont un vin rouge jeune. Et toutes les bouteilles sont décorées à l’effigie de la montagne.

 

Sébastien Lonjaret, conseiller responsable des ventes à la cave du Vieil-Armand

Sébastien Lonjaret, conseiller responsable des ventes à la cave du Vieil-Armand

 

Au milieu des bouteilles de crémant d’Alsace, de Pinot gris, des verres et autres souvenirs, Sébastien Lonjaret dévoile le « coli du poilus ». Ce collectionneur a confectionné à l’occasion des commémorations une boîte dans laquelle on retrouve les principaux mets qui étaient portés aux combattants dans les tranchées par leur famille. Et le vin occupait une large place.

Alors, dans ce lieu symbolique où les combattants français et allemands circulaient pour rejoindre le sommet du Hartmannswillerkopf, Sébastien Lonjaret cherche à rappeler le sort des Alsaciens pendant la Grande Guerre, à commencer par celui de la famille Gros, propriétaire de ce domaine viticole.

En contrebas, un château, ou plutôt l’aile d’un château. Le reste a été détruit pendant la Première Guerre mondiale. Quand les combats faisaient rage, la bâtisse servait de quartier général aux Allemands. Un peu plus loin dans la région, se situe l’usine de textile qui a permis à la famille de faire fortune. A cet endroit, ce sont les Français qui ont réquisitionné la bâtisse. Et aujourd’hui encore, dans les vignes on continue à retrouver des obus.

Ces traces de la Première Guerre mondiale n’empêche pas la Cave du Vieil-Armand de voir ses vins classés parmi les meilleurs blancs de France.

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Sur la route du onzième bataillon :

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