Sur la ligne de front

14-18 en godasses, par les étudiants de l'Ecole de journalisme de Lille

Chaque année, le 25 avril, des milliers d’Australiens célèbrent l’Anzac Day à Villers-Bretonneux, dans la Somme. Cette petite ville a été le théâtre d’une grande victoire australienne le 25 avril 1918.

Publié le 8 mars 2014 · Céline Maguet - Photos : Ninan Wang

La ville de Villers-Bretonneux occupe une place spéciale dans le cœur des Australiens. Ici, les 25 et le 26 avril 1918, une division australienne a réussi à repousser l’armée allemande en marche vers Amiens. Des Anglais, des Français, des Marocains ont pris part à cette bataille or seuls les Australiens en commémorent la victoire.

La bataille de Villers-Bretonneux est une fierté pour l’Australie. Première victoire militaire de ce jeune pays, elle y est encore célébrée de nos jours comme son plus grand fait d’armes. Chaque année, le 25 avril, se déroulent au Mémorial australien de Villers-Bretonneux les cérémonies de l’Anzac Day (en référence à l’offensive de Gallipoli, en 1915), en présence de plusieurs milliers d’Australiens.

Tous les ans, des Australiens viennent se recueillir sur la tombe de leurs ancêtres tombés au combat et visitent le musée franco-australien de la ville. « Une étape obligée lors de notre année sabbatique en Europe », commente Jami Hayden-Smith, un jeune touriste des antipodes.

Une bataille internationale

Bernard Vaquez, membre de l'association franco-australienne en charge de la gestion du musée éponyme

Bernard Vaquez, membre de l’association franco-australienne en charge de la gestion du musée éponyme.

Pour Bernard Vaquez, membre de l’association franco-australienne en charge du musée éponyme, l’assaut mené par les deux brigades australiennes fut une action extraordinaire, mais on oublie de dire qu’ils furent épaulés par des divisions d’autres nationalités. « On a tendance à dire qu’il n’y avait que les Australiens mais ils n’étaient pas seuls, anglais et français ont aussi dérouillé », déplore-t-il.
Des Marocains ont également participé à ces deux jours de combats.

« Les Anglais ont la bataille de la Somme, plus chère à leurs yeux », explique Bernard Waquez. Peu de touristes anglais ou français séjournent dans le coin. Jean-François Dessain, hôtelier à Bayonvillers, une ville voisine, ne s’étonne plus de ne recevoir que des touristes australiens.

La mémoire de la bataille, entretenue par des contributions australiennes

Au lendemain de la guerre, la jeune nation a pris possession de ce souvenir victorieux. La ville, détruite à 80%, fut en partie reconstruite grâce à des fonds australiens. L’école, qui héberge le musée, porte le nom de l’état australien de Victoria. Sa construction a été entièrement financée par leurssubventions.

Encore aujourd’hui, l’ambassade du pays investit dans cette ville de mémoire. Elle va apporter 50% du coût des travaux de rénovation du musée franco-australien. La mémoire de cette bataille n’est pas seulement entretenue par le gouvernement australien, elle l’est aussi par les Australiens eux-mêmes. Bernard Vaquez montre fièrement un uniforme de soldat australien offert par un habitant de Robinvale, une ville de l’état de Victoria jumelée à Villers-Bretonneux.

« L’uniforme nous a été offert lors de notre voyage à Robinvale, les médailles qui ornent la poitrine du veston sont un cadeau d’un visiteur », s’émeut Bernard Waquez. Des médailles près du cœur, comme l’attachement des Australiens à Villers-le-Bretonneux.

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Sur la route du quatrième bataillon :

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