Sur la ligne de front

14-18 en godasses, par les étudiants de l'Ecole de journalisme de Lille

Véritable symbole de la ville de Comines-Warneton, le moulin de Soete, fut également considéré comme un moyen de surveiller l’ennemi allemand et de prévenir ses attaques pendant la Grande Guerre.

Publié le 8 mars 2014 · Marie Campistron

Difficile d’arriver à Comines-Warneton sans remarquer l’imposant moulin de Soete surplombant le hameau de Ten-Brielen. Du haut de ses 15 mètres, la vue est impressionnante, voire vertigineuse. « D’ici, on peut distinguer les éoliennes belges de Courtrai. On a une vision de 30 kms à la ronde » précise André de Campenaere, meunier depuis vingt ans.  Une vue imprenable qui rendait service à certains en temps de conflit.

moulin 2

Une aile « venante » soit, penchant légèrement à droite de la ligne verticale, signifiait qu’en période de guerre, l’ennemi pouvait être présent.
En revanche, en temps de paix, cette inclinaison pouvait informer d’une joie dans la vie du meunier (mariage, naissance…)                

 

Lors de la Première Guerre mondiale, les moulins étaient perçus comme de vrais postes d’observation. Les meuniers pouvaient alors informer la commune de l’arrivée des ennemis sur les terres proches. Et pour communiquer de façon plus discrète, un langage des ailes fut employé.

 

 

 

 

 

 

 

 

Une aile « tombante » penchant légèrement à gauche de la ligne verticale, informait, au contraire, qu’il n’y avait plus de danger. Et inversement, en tant de paix, les ailes pouvaient indiquer un malheur personnel.

Une aile « tombante » penchant légèrement à gauche de la ligne verticale, informait, au contraire, qu’il n’y avait plus de danger. Et inversement, en tant de paix, les ailes pouvaient indiquer un malheur personn

 

Perçus par les Allemands comme de possibles espions, des meuniers furent fusillés durant la Grande Guerre. Tous les moulins de la région furent détruits. Mais ce langage était-il compris de tous ? « Les personnes s’intéressant aux moulins, tout comme les paysans ou les proches voisins saisissaient ce langage. Après, beaucoup ne percevaient pas ces messages codés », nuance André. Malgré cela, pour empêcher toute communication masquée, le moulin de Soete, à l’image des autres, fut détruit en 1914. Après plusieurs reconstructions, une délocalisation en 1982, puis plusieurs incendies, ce monument reste une fierté de la ville de Comines-Warneton. Un symbole même si « les visites touristiques se font de plus en plus rares » admet André de Campenaere.

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