Sur la ligne de front

14-18 en godasses, par les étudiants de l'Ecole de journalisme de Lille

Le grand-père de Laurent Cerf a combattu côté allemand pendant la Première Guerre mondiale. Depuis une dizaine d’années, il cherche à savoir comment son ancêtre a vécu pendant cette période. Comme lui, ils sont de plus en plus nombreux à partir sur les traces de leurs aînés. Explications.

Publié le 9 mars 2014 · Yuta Yagishita et Elodie Hervé

« De lui je ne sais pas grand-chose », explique Laurent Cerf. Pour combler ce manque, il est parti sur les traces de ce grand-père, qu’il n’a pas connu. Messages sur des forums spécialisés, rencontres et rendez-vous avec des organismes qui peuvent l’aider, toutes les opportunités sont bonnes pour comprendre comment son grand père, Valentin Cerf, a vécu la guerre du côté allemand (l’Alsace était allemande à cette époque).

Et à l’approche du centenaire, le nombre de demandes ne cesse de progresser. Où est enterré mon grand père ? Dans quelle unité a-t-il combattu ? Que s’est-il passé le jour où il est tombé ? Les questions des descendants sont multiples.

L’Office national des anciens combattants et des victimes de guerre (ONACVG) s’occupe « de recevoir et d’instruire les demandes relatives à la reconnaissance » des anciens combattants. En d’autres termes, cet établissement public d’Etat sous tutelle du ministère de la Défense permet aux familles d’accéder aux documents officiels.

Muriel Burger est coordonnatrice mémoire et communication de l’ONACVG pour la région Alsace depuis 2010. Elle est en charge de récolter les demandes des familles ou des communes et d’y répondre. « Quand j’ai commencé à travailler à ce poste en 2003, il y avait environs quatre demandes par mois. Aujourd’hui, j’en reçois au moins trois par semaine. » Mais les démarches administratives sont loin d’être simples, surtout en Alsace.

Muriel Burger en train de faire des recherches à l’ONAC.

Muriel Burger en train de faire des recherches à l’ONAC.

Des recherches aussi du côté allemand

Cette région était allemande à l’époque de la Première Guerre mondiale, et les soldats alsaciens qui ont combattu ne sont pas reconnus comme « morts pour la France ». Alors, « parfois, confie-t-elle, je me renseigne auprès d’organismes allemands. Et la plupart du temps, ces institutions ont des employés francophones, ce qui facilite nos communications. » Seulement, du côté allemand, les difficultés s’accumulent aussi. Le Bureau allemand des Etats de service ou WAST est un organisme spécialisé dans la recherche et les renseignements sur les anciens combattants. Installé à Berlin en 1939, l’organisme officiel a perdu une grande partie de ses dossiers à cause des bombardements de la Seconde Guerre mondiale. « Sur dix demandes, il y en a deux ou trois pour lesquelles je ne trouve rien. » C’est le cas de Valentin Cerf qui a combattu du côté allemand, pendant la Grande Guerre. Mort de vieillesse, il est considéré comme un ancien combattant allemand.

Côté français, si le soldat a reçu le titre de « Mort pour la France », la démarche est beaucoup plus facile. L’organisme français peut alors s’adresser au ministère de la Défense et plus précisément au site Mémoire des hommes, qui recense la plupart des dossiers des soldats depuis 1870 à nos jours. Ce sont les archives départementales qui gardent les documents relatifs aux titulaires d’une carte d’ancien combattant, et notamment les lieux où ils sont enterrés.

Mais pour beaucoup, ce qui compte c’est de marcher dans les pas de leurs ancêtres. Et là, ce sont les associations comme celle des Amis du Hartmannswillerkopf qui se chargent de faire découvrir les lieux de bataille à leurs descendants. « Une fois, un monsieur nous a contacté car il voulait se rendre à l’endroit précis où son grand-père était tombé », explique Robert Lenhardt, le président de l’association. Sur cette montagne « mangeuse d’hommes », 30 000 soldats sont morts, dont 15 000 Français.

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Sur la route du onzième bataillon :

Commentaires

  1. Monsieur ,

    Je suis a la recherche de la tombe de mon grand Oncle le frère de mon grand
    père mort pour la France pendant la guerre de 14/18.

    Soldat : ZUCCARELLI TOUSSAINT .
    Grade  : 2éme classe.
    Corps  : 27 Bataillon de chasseur.
    Matricule : 4154 au Corps — CI 1914.
    Recrutement : Ajaccio 953 :
    Mort le 21 Janvier 1915 a hartmannswillerkopf en Alsace.

    Zuccarelli Toussaint et né le 15 Octobre 1894
    Département Corse.

    Ma famille et moi même vous serait infiniment reconnaissant de me transmettre la moindre
    information sur Zuccarelli Toussaint.
    Cela mous permettra d’aller nous recueillir sur sa tombe.

    Contact : Zuccarelli Simon
    Parc Capucini Bt-E
    20250 Corte
    Tél : 0688238537
    Mail : zuccarelli.simon@orange.fr

  2. Bonjour.
    Mon grand-père, Xavier ROSE, alsacien, a été mobilisé dans l’armée allemande en 1914.
    Il était sergent et appartenait à la 1ère Cie, Brigade de défense du territoire, Bataillon de réserve n°55, 2ème armée.
    Il a été tué le 17 juillet 1916 sur le front de la Somme (semble t’il).
    Nous ne savons pas où il a été enterré.
    Nous possédons son certificat « diplôme » de décès établi par l’administration allemande.
    Ironie du sort, nous avons aussi un certificat établi en 1919 par « l’Union des grandes associations françaises » pour les familles des soldats « Morts pour la France ».
    Pouvez vous m’indiquer des pistes pour retrouver sa trace ?
    D’avance merci.
    Jacques Grossard

  3. bonjour je recherche le matricule du bataillon Français 14/18 de mon grand père monsieur DAVID rene ne en 1888 et decedes en Belgique en 1978

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