Sur la ligne de front

14-18 en godasses, par les étudiants de l'Ecole de journalisme de Lille

Claude Galentin craint pour l’avenir de son association. Souvenir français, qui restaure les tombes des soldats, est confrontée à plusieurs obstacles. A Fismes, il revient sur son quotidien de président.

Publié le 9 mars 2014 · Matthieu Wallart et Isidore Kouadio

Le président de l’association Souvenir français restaure les tombes de la Première Guerre mondiale. Ses principales difficultés : susciter les vocations et trouver l’argent nécessaire.

Claude Galentin prend soin des tombes oubliées. A 75 ans, il tient à rendre hommage à sa manière au courage des soldats. « Je suis l’homme orchestre du cimetière de Fismes. Je gère tout. » Parmi les centaines de sépultures, seize tombes requièrent un entretien prolongé : « ça demande de la volonté, du temps et des sacrifices. » Ancien combattant, il se sent proche des hommes tombés au front. En 1987, il rejoint l’association Souvenir français. Il en est le président depuis 2002. L’association est ouverte à tous, son objectif est de nettoyer les tombes et d’entretenir la mémoire de ceux qui sont morts pour la France. Elle compte une cinquantaine d’adhérents. « Nous étions une centaine au départ, mais plusieurs nous ont quitté. Vous comprenez, la moyenne d’âge est de 80 ans. »

Souvenir français peine à susciter l’engagement chez les jeunes. Chaque année, Claude Galentin organise pourtant deux voyages pédagogiques ainsi que des interventions dans les établissements scolaires. D’après lui, la dispersion des étudiants à travers la région est la cause du désintérêt vis-à vis de la Première Guerre mondiale. L’éloignement temporel des conflits joue aussi en sa défaveur.

L’une des seize tombes réhabilitées par l’association.

L’une des seize tombes réhabilitées par l’association.

« C’est une question de sous »

« Il faut entre 3 000 et 4 000 euros pour restaurer une tombe. » Les fonds proviennent des subventions et des cotisations des adhérents : « beaucoup de paperasse, mais c’est une question de sous. » L’association travaille en étroite collaboration avec les pompes funèbres, d’où la somme importante consacrée à chaque sépulture. Exhumer les corps, inhumer à nouveau, sabler, désherber et fleurir : ce sont les principaux travaux auxquels s’attelle le président de Souvenir français.

Son oncle, Julien Moreau, est enterré au cimetière de Fismes. Déposer des fleurs sur sa tombe est une façon de ne pas oublier tout ce qu’il a accompli. De même, il se tient à disposition des descendants de poilus qui adoptent une démarche similaire.

La commémoration des cent ans de la Grande Guerre suscite l’engouement des familles ayant eu des ancêtres morts au combat. Malgré cet intérêt, Claude Galentin a peu d’espoir. Il ne pense pas obtenir une aide suffisante pour perpétuer son travail : « C’est vrai, il y a un regain d’intérêt avec le centenaire, mais ça va retomber… »

Claude Galentin se rend régulièrement à Fismes sur la tombe de son oncle qu’il a entièrement restaurée.

Claude Galentin se rend régulièrement à Fismes sur la tombe de son oncle qu’il a entièrement restaurée.

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