Sur la ligne de front

14-18 en godasses, par les étudiants de l'Ecole de journalisme de Lille

A Ypres, en Belgique, le tourisme de mémoire fonctionne pleinement à l’approche des commémorations du centenaire de la guerre de 14-18.

Publié le 10 mars 2014 · Marie Campistron - Photo : Justine Fontaine

A la veille du centenaire de la Grande Guerre, beaucoup d’hôtels d’Ypres affichent déjà complet pour les principales dates de commémoration, y compris en 2018.

« We’re fully booked. » En passant la porte de plusieurs hôtels d’Ypres, l’expression se répète : il ne reste plus aucune chambre. Pour ce weekend, oui mais aussi pour plusieurs dates commémoratives prévues parfois longtemps à l’avance. « Nous sommes déjà complets les 10, 11 et 12 novembre 2018 », précise Lissa Hullak, employée au Gasthof’t Zweerd, un hôtel situé place Grote Markt, en plein centre-ville. Dans cet établissement, les réservations se font pour trois nuits minimum. Et chaque année, Lissa retrouve les mêmes personnes venues commémorer l’armistice, en famille ou entre amis.

« Il ne reste jamais de chambre pendant la période du 11 novembre, mais cette année, nous avons plus de réservations que les autres. Nous aurons un très bon chiffre pour 2014 et il s’annonce aussi bon pour 2015. » Lissa voit surtout passer des groupes de personnes âgées, venus d’un peu partout. Angleterre, Finlande, Hollande et même Australie. Sont-ils tous là pour profiter du tourisme de guerre ? « Évidemment ! 98% sont là pour ça ! Pourquoi viendraient-ils à Ypres sinon ? Ils ne vont pas venir ici juste pour regarder les fleurs… », s’amuse-t-elle.

« Ypres, ce n’est pas que la Première Guerre mondiale »

Même discours entendu à la réception de l’hôtel Ambrosia. Vincent Vandelannoote, manager de l’établissement, ne dispose déjà plus d’aucune chambre pour le 11 novembre prochain, bien que ce soit le cas tous les ans. Avec le centenaire de la guerre, le gérant s’attend à afficher complet de nombreuses fois dans l’année. « Cet anniversaire va être célébré dans la ville par différentes cérémonies. C’est forcément bon pour nous, les hôteliers. Au départ, cet événement ne m’emballait pas vraiment, mais devant l’enthousiasme qu’il rencontre, j’ai même changé la décoration de l’entrée. » Désormais, deux tableaux du Tyne Cot, le cimetière militaire britannique d’Ypres, accueillent les nouveaux arrivants. Parmi eux, « plus de 50% de Britanniques, puis quelques Australiens, Belges et Hollandais. »

La commémoration de la Première Guerre mondiale profiterait donc à tous ? Ce n’est pas l’avis de tout le monde. Christiane Decramer-Praet est gérante du Albion Hotel. À l’image du Gasthof’t Zweerd, plusieurs dates en 2018 affichent déjà complet. Même si le centenaire de la Grande Guerre lui a permis d’ouvrir neuf chambres supplémentaires, elle regrette parfois ce tourisme de masse. « Ypres, ce n’est pas que la Première Guerre mondiale. Il y a tant d’autres choses à faire auxquelles les touristes ne pensent pas. C’est assez dommage, en fin de compte. C’est pourquoi, on essaie de conseiller les gens en leur indiquant d’autres activités (balades en vélo, visites à Bruxelles, Lille…). »

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