Sur la ligne de front

14-18 en godasses, par les étudiants de l'Ecole de journalisme de Lille

Denis Robbit et son fils, passionnés de la Première Guerre mondiale, ont retrouvé une carte d’époque qui annonçait la naissance de la doyenne du village.

Publié le 13 mars 2014 · Anne Maquignon

A 87 ans, Denis Robbit est passionné par les cartes postales d’époque. Avec son fils, il a retrouvé une lettre annonçant la naissance de la doyenne du village.

« On tient toujours quelque chose de son père ». C’est ainsi que Denis Robbit  explique la passion de son fils, Sébastien, pour les cartes postales datant de la Première Guerre mondiale. Sébastien achète des cartes postales d’époque sur des sites de ventes entre particuliers et les collectionne. Denis Robbit, lui, les range minutieusement dans un album photo. Certaines existent en double, d’autres sont datées. « Le mieux, c’est quand il y a quelque chose d’écrit au dos de la carte », s’enthousiasme le vieil homme. Achetées entre 15 et 30 euros, elles permettent d’identifier les soldats et les civils morts à Soyécourt.

La lettre annonçant la naissance d'Emilie a été retrouvée par Denis Robbit.


La lettre annonçant la naissance d’Emilie a été retrouvée par Denis Robbit.

Le petit village de 200 habitants a été totalement abandonné pendant la guerre : tous les habitants sont partis et les ronces ont remplacé les habitations. « Quand ils sont revenus, ils étaient perdus », se souvient Denis Robbit. S’il vit à Soyécourt depuis son plus jeune âge, le vieil homme n’a pour autant pas vécu la guerre. Mais s’il raconte aussi bien ce qu’il s’est passé dans son village, c’est grâce à sa mère, qui faisait partie de ceux qui ont fuit Soyécourt… Mais aussi grâce à une vieille habitante du village, Emilie, née en 1921. « Tout ce qu’on savait de cette époque, c’est cette dame qui nous l’a dit. Elle a été le dernier témoin », explique-t-il.

En recherchant des cartes sur Internet, Denis Robbit et son fils ont découvert un trésor : une carte de l’époque annonçant la naissance d’Emilie, écrite par son père. Ravi de sa découverte, Denis Robbit voulait offrir cette carte à la dernière témoin du village pour son anniversaire, mi-mars. La vie en a décidé autrement : Emilie est décédée cette semaine et n’a pu recevoir la carte des mains du passionné. Denis Robbit la lui a cependant apporté lors de son enterrement. « La dernière témoin du village est partie, et après nous, on n’en parlera plus », déplore-t-il.

Les lunettes posées sur le bout de son nez, un sourire en coin, le vieil homme est rassuré que son fils soit encore là, animé par la passion :  « Mon fils, c’est pas qu’il est fou avec ça, mais presque ! »

Denis Robbit

Denis Robbit

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Commentaires

  1. Bon boulot jeunes confrères, ça se lit toujours avec intérêt même si le vieux journaliste que je suis rajoute parfois son grain de sel. Un travail d’envergure.

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