Sur la ligne de front

14-18 en godasses, par les étudiants de l'Ecole de journalisme de Lille

Après avoir parcouru pendant quatre ans le pays Santerre, le spectacle musical « Le Soldat coquelicot » espère poser ses valises en Australie et en Allemagne à l’occasion du Centenaire 14-18.

Publié le 20 mars 2014 · Elise Lambert - Photos : Frédéric Orzekowska

La Première Guerre mondiale, ses tranchées, ses poilus tombés par milliers… Et si l’un d’entre eux se réveillait ? C’est l’histoire que raconte le spectacle musical Le Soldat coquelicot, créé par deux musiciens originaires de la Somme. Pour le centenaire 14-18,  la troupe espère se produire en Australie.

Il est seul dans la pénombre de la scène. Vêtu d’un long manteau kaki, il porte un casque Adrian. Un coquelicot rouge de papier est accroché à son col. Des cloches sonnent et le vent souffle, le soldat coquelicot avance et récite lentement : « Je suis un souvenir d’autrefois, et je dors là, sous cette croix. »

Le soldat coquelicot est un spectacle musical né il y a quatre ans sous l’impulsion de deux musiciens originaires de la Somme, Eric Bourdet, compositeur et Sébastien Godefroy, auteur. « On se promenait dans un cimetière militaire à Vermandovillers dans le pays Santerre. On a vu toutes ces tombes et on a eu envie d’écrire un spectacle qui raconterait l’histoire universelle d’un de ces soldats », raconte le compositeur.

Les deux artistes s’attellent à l’écriture du spectacle avec une ambition : rendre hommage à ces soldats tombés pendant la guerre 14-18 et entretenir leur mémoire pour ne jamais les oublier. Leur soldat, interprété par  Mouchine Mahbouli, parle de sa vie avant la guerre, de son départ sur le front, de l’horreur ds combats, de son amour resté au pays et de la paix. «  Au départ on ne savait pas où cela allait nous mener », témoigne Pierre Barbier, président de l’association du Soldat coquelicot (créée pour le spectacle), « On a fait appel aux trois harmonies de Péronne, Roye et Epehy et des chorales des mêmes villes. Cela réunit une centaine de choristes et 80 musiciens qui jouent uniquement des cuivres et des bois. »

Dans un style poétique, sous le son des clarinettes et du saxophone, le soldat coquelicot raconte sa vie avant la guerre, puis son espoir universel de paix. Photo :Frédéric Orzekowska

Dans un style poétique, sous le son des clarinettes et du saxophone, le soldat coquelicot raconte sa vie avant la guerre, puis son espoir universel de paix.

La première représentation a lieu à  à Péronne en 2010. « Il y avait environ 800 personnes, on entendait un moustique voler ! », se souvient le président. Une dizaine de représentations plus tard, après avoir parcouru différents villages du pays de Santerre, la troupe est labellisée en juin 2013 par la Mission Centenaire et table sur un nouvel objectif : «  Partir jouer à Albany, ville australienne jumelée avec Péronne en novembre prochain à l’occasion du centenaire », explique Jean-Manuel Plouvier, trompettiste au sein du spectacle. «  Jusqu’ici on a joué gratuitement, donc on n’a pas de fonds pour partir. Il nous faudrait 50 000 euros pour payer les billets d’avion de nos 200 artistes… » énumère-t-il.

Pour cela, la troupe compte sur la participation financière de l’État, de la région, de la ville mais aussi du mécénat privé. « On a joué Le Soldat coquelicot devant plus de 5000 personnes depuis sa création, c’est une manière originale de parler de la guerre, et on est absolument pas lassés ! », s’enchante Jean-Manuel Plouvier. Il reste neuf mois à la troupe pour trouver ce financement. Si le projet n’aboutit pas, les artistes continueront à jouer le spectacle durant toute la période du centenaire de la guerre de 14-18 et comptent se produire en Allemagne en 2015. « Pour 2018, on a déjà un nouveau spectacle en préparation », annonce le trompettiste. Avec la participation de musiciens australiens cette fois.

Mots-clés : , , , , .

Sur la route du cinquième bataillon :

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>