Arras

Arras : entre municipales et commémorations

A l’approche des élections municipales, les candidats à la mairie d’Arras n’ont pas la même vision des choses quant à la préparation des commémorations. Réel débat ou querelle électorale ? Nous avons rencontré le maire sortant, Frédéric Leturque (UDI) et sa principale concurrente, Hélène Flautre (Europe Ecologie Les Verts), à quelques jours du premier tour.

Avec ses 40 000 habitants, Arras se situe au coeur de l’Artois, région particulièrement touchée durant la Grande Guerre. La ville a d’ailleurs été totalement détruite lors des bombardements allemands en 1915.

Candidats à la mairie d’Arras :

  • Alban Heusèle (Rassemblement Bleu Marine)
  • Frédéric Leturque ( maire sortant. UDI/UMP)
  • René Chevalier (PC)
  • Hélène Flautre (PS/EELV)
  • François Desmazière (conseiller sortant)
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L’homme à poêle

Bip… Bip… Biiiiiiiip ! Il dégaine sa pelle, creuse. Le rituel est toujours le même pour Patrick Gontier. Avec son détecteur de métaux, il arpente les champs de Blainville-sur-l’Eau et des environs à la recherche de petits vestiges. Avec plus ou moins de chance.

« Beaucoup cherchent avec le fantasme du trésor. » Mais pas lui. Avec sa “poêle”, Patrick Gontier ne cherche pas de pièces d’or dans les champs de Meurthe-et-Moselle. Il part surtout « à la recherche du patrimoine local ». Adjoint à la culture à la mairie de Blainville-sur-l’Eau, l’éducateur spécialisé passe ses week-ends armé de son détecteur à métaux, « quand la météo le permet ».

Comme les deux anneaux argentés ne quittent pas son oreille gauche, son matériel ne quitte pas le coffre de sa voiture. Un détecteur et une petite pelle posés sur une veste treillis depuis trois ans maintenant. Un loisirs hors du commun apparu avec sa passion pour l’histoire. « Ça permet de mettre des objets sur les mots de l’histoire », explique celui qui n’aimait pas trop cette matière à l’école. « Apprendre des dates, c’est très théorique. »

Trois douilles et un bouton

Patrick Gontier n’hésite pas à mettre sa collection à disposition des enseignats.

Patrick Gontier n’hésite pas à mettre sa collection à disposition des enseignants.

Terre à terre, il arpente donc sa région à la recherche de tout ce qui a trait à notre passé, et pas seulement à la Grande Guerre. « Je préfère la seconde, nos parents ou grands-parents l’ont connue. » Mais il s’est tourné vers « 1914 parce qu’ici, il y a beaucoup plus d’éléments. » Et c’est le cas de le dire. En une trentaine de minutes passées dans un champs avec lui, trois douilles et un bouton ont été déterrés. Il les date d’un coup d’œil de la période qui nous intéresse et difficile de savoir si c’est de l’intox. « Ici, il n’y a vraiment qu’à se baisser. »

Mais Patrick Gontier ne cherche pas n’importe comment. « Il faut une formation pour faire cela », déclare celui qui se définit lui-même comme autodidacte. « Il y a de plus en plus de monde qui se met à chercher et c’est dangereux, poursuit-il. Pour eux comme pour les objets. » Il garde d’ailleurs un souvenir particulier de sa première découverte. « C’était une tête d’obus. Ça m’a autant surpris qu’inquiété donc j’ai fait énormément de recherches sur le déminage. » Prudent, il s’est maintenant fixé une règle : « si je ne connais pas, je ne touche pas. »

Des causes plus ou moins nobles

De toute façon, ce ne sont pas les munitions qui l’intéressent le plus. « Je préfère trouver des objets personnels, il y a une touche d’histoire qui ressort », confie-t-il en montrant une pipe qu’il a déterrée. Et quand on lui demande la découverte qui l’a le plus marqué, il se souvient d’une plaque d’identité qu’il a réussi à restituer à la famille du soldat. « On a l’impression d’avoir fait notre travail de mémoire, et ça c’est le plus important. »

Il met aussi son expérience au service de cause moins nobles. « Une fois, un de mes amis m’a demandé si je pouvais amener mon détecteur dans son jardin parce qu’il avait perdu son alliance. » Mais son domaine, c’est l’histoire. Alors quand on lui demande s’il est déjà allé autour de Verdun avec sa “poêle”, il nous répond qu’il préfère « rester local ». « Et puis, ces sites sont devenus des lieux de mémoire. Ça me donnerait l’impression de creuser dans un cimetière. »

Patrick Gontier se représente aux élections municipales et veut conserver le portefeuille de la culture pour conserver le patrimoine de la ville.

Patrick Gontier se représente aux élections municipales et veut garder le portefeuille de la culture pour conserver le patrimoine de la ville.

Fenêtre sur tombes. Vivre au dessus de 4741 corps de soldats français.

Fenêtre sur tombes

Habiter dans un cimetière, cela en ferait frissonner plus d’un. Mais sûrement pas Christian Guillemet. Ce passionné de la Grande Guerre adore son travail, comme son appartement de fonction. C’est lui qui accueille les visiteurs de la nécropole de Friscati-Mouton noir. En plus de l’importance que lui apporte cette fonction, il apprécie le complément de retraite qui tombe chaque mois sur son compte.

Bernard Miclo, maire de Bertrichamps sur le tracé d’une ancienne voie ferrée de 1914.

L’histoire, ce serpent de maire

« Ah, je regardais le journal mais installez-vous, j’arrive. » Une ferme au pied des Vosges, là où vit Bernard Miclo, le maire de Bertrichamps. Un chien fait la sieste sous le soleil du début d’après–midi. Une roulotte-restaurant, un hangar plein de voitures de collection. « Bon moi à la base, ma passion c’est plutôt les chevaux, prévient le maire, mais ici l’histoire est partout. » Comme dans sa maison, qui a abrité des Alsaciens recherchés par la Gestapo en 1944. C’est en préparant un livre sur l’histoire du village qu’il a fait le tour des quelque mille habitants de la commune et a récupéré des centaines de documents d’archives. Beaucoup ont un lien avec la Première Guerre mondiale car Bertrichamps est situé en contrebas du col de la Chapelotte, lieu de violents combats dès 1914. « C’est la campagne pour les municipales, faut que je m’y mette », explique-t-il en poussant un tas d’affiches au pied de son bureau.

Soldats Allemands près de Bertrichamps

Soldats allemands près de Bertrichamps.

Son ordinateur est une mine d’informations sur son village et le quotidien pendant la guerre. Des photos d’archives, des histoires de vies qu’il tente de reconstituer. Il n’a pas toujours les noms des personnes, il reconnaît l’époque par rapport aux bâtiments ou à l’uniforme des soldats. « On nous a donné des photos sans aucune indication, c’est dur de les exploiter. » Mais tous les documents ont été scannés, « ça prend du temps, surtout que moi les ordinateurs j’y connais pas grand chose ! », rigole-t-il.

« La forêt est notre seule ressource »

Bernard Miclo raconte aussi sa plus belle trouvaille : « La plus jolie fille de Bertrichamps dont tous les gars étaient amoureux : chez elle j’ai retrouvé des dizaines de cartes postales, ils lui en envoyaient tous ! » Les recherches du maire sont centrées sur son village et sur sa forêt à laquelle il tient tant. « Les combats de là-haut, je vous avoue que je ne m’en suis pas trop occupé », reconnaît-il en désignant le col de la Chapelotte, caché par la cime des arbres.

Carte postale trouvée à Bertrichamps. « C’est pas de très bon goût », se marre Bernard Miclo

Carte postale trouvée à Bertrichamps. « Ce n’est pas de très bon goût », rit Bernard Miclo.

Dans la forêt derrière chez lui, il a retrouvé la trace d’une voie de chemin de fer qui partait de la gare de Bertrichamps pour aller jusqu’au col. Il serpente dans la montagne, le long des courbes de niveau. Pendant les combats, il a servi à ravitailler les troupes sur le front. Après 1919, le chemin de fer n’est plus entretenu et les rails sont démontés et revendus. Il ne reste aujourd’hui que les ballasts, « des pierres importées d’une carrière voisine » et un chemin plat et agréable pour les randonnées. Chaque année, Bernard Miclo se rend sur place « avec de nombreux bénévoles pour défricher le chemin. Ca avance vite, l’année prochaine ça devrait être fini », espère-t-il.

La forêt est essentielle pour un village comme Bertrichamps qui compte très peu d’habitants et de commerces. Le bois est exploité et vendu, c’est l’une des seules recettes de la commune. « Si on n’a pas de forêt, on n’a plus d’argent », explique le maire. Le tracé du tacot de Bertrichamps sera aménagé en promenade, peut-être en piste cyclable. « C’est vrai qu’on a du mal à faire venir des touristes ici », se désole-t-il. Alors le chemin du tacot à vapeur, tout comme l’abri en bois près d’une tourbière, « notre petite Tour Eiffel en bois » tel qu’il le désigne fièrement, sont une nouvelle façon de faire vivre son village, avec les ressources dont il dispose : une forêt chargée d’histoire.

1. Photo de présentation

Le dessous des cartes postales

Propriétaire du musée des eaux de vie de Lapoutroie (Haut-Rhin), René de Miscault propose à partir du 12 avril une exposition de cartes postales de poilus. Des archives familiales qui proviennent d’une marraine de guerre, ces femmes qui entretenaient des relations épistolaires avec les soldats.

Le bâtiment jaune vif semble être une institution dans le village. Son propriétaire, René de Miscault, est connu comme le loup blanc à travers la vallée. A la tête d’une distillerie réputée dans le Sud des Vosges, il passe désormais la plupart de son temps à Lapoutroie, 2 000 têtes, deux PMU et un centre médicalisé qui semble être l’autre attraction du coin avec ce fameux musée des eaux de vie. Dans cet ancien relais de poste ouvert depuis 1986, René de Miscault expose sa collection impressionnante de mignonettes, bouteilles, alambics, affiches publicitaires ou encore porte-clés Ricard… « Tout ce qui touche aux eaux de vie et aux liqueurs en fait », résume-t-il. Et des cartes postales de 14-18 donc.

Les cartes postales pouvaient participer à la propagande, ici, c’est le retour de l’Alsace dans le territoire français qui est illustré.

Les cartes postales pouvaient participer à la propagande, ici, c’est le retour de l’Alsace dans le territoire français qui est illustré.

A l’étage, il accueille régulièrement des expositions qui n’ont parfois pas de lien avec l’alcool. Cette fois-ci c’est lui qui fait l’évènement. Tout est parti d’une enveloppe donnée par sa sœur il y a un an : « elle contenait des documents ayant appartenu à sa tante, Nicole de Lagabbe. Je l’ouvre et je découvre alors cette mine d’or : des cartes postales très bien conservées envoyées par des poilus. » Car la tante était marraine de guerre, du nom des jeunes femmes qui se proposaient d’écrire des lettres aux soldats du front. Des échanges épistolaires assez prudes au vu de ce qui est exposé au musée : les lettres sont souvent prétexte à des demandes d’envoi de tabac. Les cartes sont aussi un moyen pour les poilus d’exprimer leur ras-le-bol de la vie au front. L’une d’entre elles dit par exemple : « Dans l’espace de huit jours nous n’avons pas dormi trois jours. Enfin puisque c’est la guerre il le faut bien pour se venger de cette ignoble race. Tous les jours nous voyons des combats aériens. »

René de Miscault a découvert « cette mine d’or », comme il appelle cette collection de cartes postales,  il y a un an.

René de Miscault a découvert « cette mine d’or », comme il appelle cette collection de cartes postales, il y a un an.

« Marraine ni laide, ni jolie »

Deux noms de soldats reviennent souvent en signature : Gustave Uzenat et Charles Hartz. « L’un des deux est sorti vivant de la Grande Guerre. J’en ai pour preuve une carte envoyée en 1920 où il annonce à sa marraine de guerre qu’il s’est marié. » On ne sait pas comment les poilus et la marraine sont entrés en contact. L’usage était de publier une petite annonce dans un journal comme « La Vie parisienne ». Des extraits d’archives exposés par René de Miscault illustrent le procédé, où la galanterie n’était pas nécessairement de mise : « Je demande marraine ni laide ni jolie, mais agréable, femme du monde, musicienne, ne parlant jamais d’aviation. Photo si possible. Discrétion d’honneur », dit l’annonce.

L’exposition fleure bon l’artisanat, comme les eaux-de-vie de Miscault. Les agrandissements des cartes postales réalisés à la photocopieuse sont accompagnés de notices qui montrent bien que le patron du musée a bossé son sujet. Pourtant la Grande Guerre, ça ne le bottait pas plus que ça à la base : « J’ai appris ça comme tout le monde à l’école. Après… » Il est même allé jusqu’à faire des recherches sur son grand-père, Godefroy, qui a combattu non loin de Lapoutroie, au col du Bonhomme. Les cartes postales d’archives sont regroupées par thème, suivant l’illustration au recto, et révèlent les grandes inquiétudes de l’époque. La propagande anti-allemande, la religion, et surtout le retour de l’Alsace-Lorraine dans le giron tricolore sont en bonne place sur les panneaux d’exposition. Les cartes postales avec des grandes figures de l’Alsace française (d’avant 1870) sont légion tout comme les caricatures, montrant généralement une Alsacienne maltraitée par les Allemands et choyée par les Français.

Les alcools de René de Miscault sont vendus dans la boutique attachée au musée, et vont de la crème de pamplemousse à l’absinthe.

Les alcools de René de Miscault sont vendus dans la boutique attachée au musée, et vont de la crème de pamplemousse à l’absinthe.

Le rapport entre eaux-de-vie et Première Guerre mondiale est définitivement absent, tout juste René de Miscault explique que l’interdiction de l’absinthe a été établie pendant la guerre, en 1915. Pas de Fée Verte pour les poilus donc. Les habitants de Lapoutroie peuvent eux se ravitailler en absinthe à la boutique du musée, la marque Libertine étant fabriquée par la distillerie familiale. Comme les 70 autres eaux-de-vie et liqueurs diverses, très prisées à l’époque par Carlos (le chanteur) et Eddie Barclay, des clients réguliers paraît-il. La clientèle désormais se compose de beaucoup de touristes étrangers et de clubs en tous genres, automobiles ou de troisième âge. Le musée devrait d’ailleurs bientôt atteindre 1,5 million de visiteurs depuis son ouverture. L’occasion de fêter ça en ouvrant une bouteille.

René de Miscault et sa femme proposent régulièrement des dégustations d’absinthe.

René de Miscault et sa femme proposent régulièrement des dégustations d’absinthe.

 

 

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La clairière de l’Armistice, souvenir de paix presque trop paisible

Les visiteurs sont de moins en moins nombreux, même si le centenaire sera certainement l’occasion d’attirer des locaux comme des étrangers. La clairière de l’Armistice, lieu gorgé de mémoire et d’histoire, est un endroit calme. Presque trop, comme le déplore Bernard Letemps, conservateur du musée de l’Armistice, dans lequel on découvre la fameuse voiture dans laquelle fut signée la fin de la Grande Guerre. Il espère néanmoins un regain d’intérêt grâce au centenaire, ce qui lui permettrait d’accomplir de nouveaux projets, parmi lesquels une extension du musée notamment.

Dominique Jardy, conservateur du Musée du Linge. Le mémorial est en pleine rénovation en vue du centenaire. L'occasion de repenser le travail de mémoire.

Le musée du Linge, la mémoire à vif

 Le musée du Linge, tenu bénévolement depuis plus de quarante ans, commémore la terrible bataille de montagne de 1915. Ceux qui le gèrent avec passion invoquent un devoir de mémoire essentiel. Au détriment parfois du recul de l’historien…

Au promeneur qui emprunte le chemin de Grande randonnée 532, un panneau au bord du sentier vient annoncer l’entrée dans la zone du collet du Linge par une indication solennelle : « Zone de recueillement ». C’est qu’ici, à près de 1000 mètres d’altitude à l’été 1915, des milliers de jeunes soldats français et allemands sont tombés en l’espace de quelques jours à peine. On s’en souvient aujourd’hui comme de l’une des batailles les plus intenses de la guerre. Ici en Alsace, son évocation suffit souvent à provoquer, aujourd’hui encore, des soupirs douloureux.

Zone oubliée pendant des décennies, elle a été redécouverte par un promeneur, Armand Durlewanger, à l’aube des années 1970. Des rénovations ont été effectuées au fil du temps pour mettre en valeur les nombreux vestiges qui jonchent encore le massif. Un musée a été installé à flanc de colline. Au fil des ans, il s’est agrandi, rénové. Aujourd’hui, il accueille près de 50 000 visiteurs par an. Un travail colossal pour la cinquantaine de bénévoles qui le gèrent. Pour ces derniers, dont la plupart sont membres d’associations d’anciens combattants, il s’agit d’abord d’un devoir de mémoire.

Juste devant le musée, une stèle vient commémorer les 10 000 morts français tombés au Linge. « C’est la première grosse erreur historique », grommelle l’historien Florian Hensel. « Aujourd’hui, les historiens estiment le nombre de morts français au Linge à environs 5000 ! Mais ici, il n’est pas question de remettre cela en cause. » Selon lui, les approximations sont fréquentes dans le musée ; surtout, le musée ferait preuve d’un patriotisme exacerbé, encore aujourd’hui. En exaltant, sur les panneaux explicatifs, les « héros » français, il est vrai qu’il entretient le mythe du vaillant chasseur alpin français, au détriment de la vérité historique. « Ce musée, c’est un musée couleur bleu chasseur », regrette l’historien.

Il faut dire qu’en Alsace, la mémoire a une saveur particulière. Roland Bodo, vice-président du Mémorial du Linge et membre actif de l’association patriotique du Souvenir français, explique : « Vous ne pouvez pas comparer ce qui s’est passé en France en 14-18 et ce qui est arrivé en Alsace. Il ne faut pas oublier que les soldats se battaient ici pour que la région redevienne française. Ce que voulaient les alsaciens. » Cela est souvent contesté par les historiens (on aurait compté à vrai dire très peu de francophiles parmi les alsaciens), mais peu importe : cette mémoire est revendiquée avec force dans la région. Peut-être plus qu’ailleurs. « Un drapeau allemand aux côtés d’un drapeau français, c’est possible à Verdun, pas au Linge. C’est impensable. Il faut bien voir que ce qu’on commémore au Linge, c’est le retour des alsaciens dans le giron français. Ce ne serait pas compris si on pleurait les morts français sous un drapeau allemand. »

Les bénévoles du Linge sont presque tous d’anciens combattants. La réalité des combats est ancrée en eux. Alors, dans une région à l’histoire si particulière, les choses avancent lentement. « Mais il y a des évolutions », précise Dominique Jardy, conservateur au Mémorial du Linge. Effectivement, après quelques polémiques et beaucoup de reculades, le mémorial change peu à peu ses pancartes d’information au sein du musée, jugées trop francophiles. « Mais tout cela prend du temps. Des nouveaux bénévoles arrivent à l’association et cela est bénéfique. » Pourtant, Dominique Jardy reconnaît sans langue de bois qu’il « reste quand même un esprit très franchouillard dans la région. Cela dit, la France aussi est dans cet esprit. Nous sommes un pays très commémoratif. Le 11 novembre, nous fêtons encore la victoire française sur les Allemands, plus que la paix elle-même. Ça donne à penser … »

En Alsace plus qu’ailleurs peut-être, la bataille entre histoire et mémoire n’est pas près de s’apaiser.

DSC_0644 Bruno Journée, musicien et chanteur accompagne Dominique Guibbert avec sa guitare.

Soirée féministe à l’Abri-Mémoire 14-18 à Uffholtz

Au pied du Hartmannswillerkopf se trouve l’Abri-Mémoire d’Uffholtz. C’est un vrai lieu de vie. Au milieu des rappels historiques de la Première Guerre mondiale, des concerts sont organisés. Vendredi 7 mars, c’est Dominique Guibbert qui a occupé l’espace avec une pièce féministe et drôle.

Dominique Gibbert raconte son engagement féministe.

Dominique Guibbert raconte son engagement féministe.

Le musicien Bruno Journée et Isabelle Ruiz répètent le spectacle du soir.

Le musicien Bruno Journée et Isabelle Ruiz répètent le spectacle du soir.