Sur la ligne de front

14-18 en godasses, par les étudiants de l'Ecole de journalisme de Lille

Difficile aujourd’hui de rencontrer un collectionneur d’objets de la Grande Guerre, passionné par cette époque. Surtout lorsqu’il s’agit d’une personne solitaire comme Rémy Sassiers.

Publié le 6 avril 2014 · Claire Delattre

Rémy Sassiers n’a pas d’enfants ni d’amis collectionneurs. Pourtant, ce passionné de la Grande Guerre aime échanger sur l’histoire en général, et faire découvrir une partie de sa collection à qui le souhaite.

Pas d’internet, ni de téléphone portable : Rémy Sassiers vit seul et cela lui convient. Depuis presque cinquante ans, il habite Méry-la-Bataille et aime parler de sa passion : l’histoire. Dans le café du village, où il vient deux fois par jour, des reproductions d’affiches de la Grande Guerre jalonnent les murs et des figurines représentant des soldats de cette époque sont disposées sur le bar. Des affaires que Rémy a prêtées pour décorer l’endroit à l’occasion du centenaire.

Collectionneur dans l’âme, il a apporté avec lui une dizaine de livres et de journaux, soit une infime partie de sa bibliothèque. « Tous les jours et tous les soirs, je lis. » A propos de la Grande Guerre notamment, même si en ce moment il préfère s’intéresser aux guerres napoléoniennes. « Maintenant je vais arrêter d’acheter des choses, j’en ai beaucoup trop ! », s’amuse-t-il.

« J’aime beaucoup partager, ça ne sert à rien de garder tout ça pour soi ou de les laisser dans la poussière », affirme Rémy, pourtant célibataire et sans enfants. Il n’hésite pas à répéter qu’un jour il fera don de ses collections de figurines et de livres à la mairie ou à une organisation, bien que lui-même ne fasse partie d’aucune association. Généreux, certes, mais solitaire tout de même. « Tout ça reste une passion personnelle. »

« Rien de plus que quelques objets… »

« Mon grand-père a combattu à Verdun, sur le Chemin des Dames. Mes grands-parents et mes parents m’ont beaucoup parlé de la Première Guerre mondiale », raconte-il. Sa passion pour l’histoire lui vient de ces récits notamment, mais aussi de ce village proche de la ligne de front où il vit, entouré de souvenirs et de mémoire. « Je suis tombé dedans quand j’étais tout petit, comme dirait l’autre ! », dit-il en riant.

L’ancien ouvrier routier de 61 ans affirme d’abord ne posséder aucun objet d’époque. Rien de plus que sa collection de figurines, soit à peu près 300 petits objets en rapport avec la Première Guerre mondiale, qu’il a commandés à distance depuis dix ans, et qui valent aujourd’hui 5 000 euros. Il les présente avec fierté, explique rigoureusement le poste occupé par chaque soldat, en fonction de l’uniforme qu’il revêt.

« Je n’ai pas d’armes, c’est interdit ! », s’insurge-t-il lorsqu’on lui pose la question. Après un moment cependant, il se souvient : « Lorsque je travaillais dans la Somme, on trouvait des casques, des baïonnettes, des balles ou encore des grenades quand on faisait des terrassements. J’ai gardé plusieurs choses… » Morceaux d’obus, casques allemands ou encore baïonnettes, sa collection ne se limite pas aux figurines. Et bien qu’il affirme avoir déjà contacté le service de déminage, un obus demeure au fond de son jardin, témoin d’une guerre que Rémy refuse d’oublier.

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