Collège François Mitterand (Arras)

Cent ans après, des collégiens dépoussièrent le carnet de guerre d’un poilu

 2014, année du centenaire de la Première Guerre mondiale. Cela n’a échappé à personne et surtout pas aux élèves du collège François Mitterrand d’Arras.

Tous volontaires, ils se réunissent chaque semaine au club histoire. Depuis mars dernier, quinze élèves de 5e planchent sur la transcription du carnet de guerre d’Agricol Darier, soldat du 159e régiment d’infanterie alpine. Ce projet pédagogique, retenu par le rectorat, est mené par le professeur d’histoire-géographie Emmanuelle Waliczek : « Nous décryptons le carnet de guerre d’un soldat originaire de Briançon, venu combattre ici. Son carnet s’arrête en janvier 1915. La majorité de son récit se déroule dans l’Artois. Il y a beaucoup d’informations dans ce carnet, comme le bombardement de la ville d’Arras.»

« Comprendre ce qui s’est passé »

Les membres du club histoire ont traduit les écrits du Poilu en français contemporain. Ils mettent à jour le vocabulaire parfois obscur du siècle dernier. Agricol Darier s’exprime en effet en vieux français. « Notre but et de publier le carnet et de l’étoffer par des images, des recherches historiques et des explications du lexique. Le projet s’étalera jusqu’à l’année prochaine, » explique le professeur.

Pour élaborer leur projet, les élèves recherchent à la fois des images d’archives et des cartes postales d’époque des endroits cités dans le carnet de guerre. Pour eux, c’est la partie la plus intéressante. « La recherche sur les villes et les endroits cités dans le carnet était difficile, mais j’ai beaucoup aimé », se réjouit Alexis Leclercq.

Les collégiens témoignent d’un grand intérêt pour ce projet, à l’image de Yohann Gribeauval : « J’ai un grand-père qui a fait la guerre. Je m’intéresse beaucoup à l’histoire du conflit. C’est important de comprendre ce qui s’est passé pour ne pas  oublier.»

Un travail plein d’émotion 

À travers les témoignages d’Agricol Darier, les élèves ont l’impression de revivre les conditions de vie difficiles des soldats sur le front et dans les tranchées. Agricol Darier était armurier affecté au train de combat du 159e RI, théoriquement en arrière des premières lignes, mais pas à l’abri des bombardements.

Une expérience poignante, chargée d’émotion pour Clémence Robrzynski : « la façon dont il décrivait les scènes de guerre était magnifique, on sent l’horreur de la guerre. Ça m’a touché. »

Dans leur salle de classe, les élèves lisent des passages retranscrits du carnet de guerre du soldat : « Jamais jusqu’à présent, je n’avais été émotionné comme ce jour-là dans les rues, tout le monde courrait en s’appelant. Ici, une vielle femme, les cheveux blancs, les yeux hagards appelant à grands cris ses enfants ». L’intonation des voix des élèves devient grave et lourde de sens. Cent ans après les combats d’Agricol Darier, ses mots résonnent encore.

Dans l’élément sonore ci-dessous, Les quinze élèves de cinquième du collège François Mitterrand d’Arras reviennent sur ce qui les a marqué. Au club histoire : beaucoup de travail, des difficultés à surmonter et de la bonne humeur.

Matthieu Wallart, Benyagoub Abdallah Miloud de l’ESJ

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