Lycée Darchicourt (Hénin-Beaumont)

Le lycée Darchicourt d’Hénin-Beaumont célèbre le centenaire de la Première Guerre mondiale avec son exposition Darchi s’en va-t-en guerre. Pour aller plus loin, les élèves de section européenne anglais, d’enseignement Patrimoine et d’Abibac (allemand) se sont prêtés à l’exercice journalistique. Ils nous livrent ici leurs articles.

 

Dans les tranchées, cent ans après

A Vimy, cent ans après la fin de la Grande Guerre, les touristes viennent toujours par milliers rendre hommage aux citoyens canadiens tombés au combat. Explorant les souterrains, se terrant dans les tranchées, ou visitant l’exposition consacrée à la vie des soldats, les visiteurs sont guidés par des étudiants canadiens.

Après de brèves mesures de sécurité, nous descendons dans les souterrains, froids et humides, et replongeons dans les conditions des soldats de l’époque. Les tunnels, très peu éclairés, sont longs et assez étroits. Au bout de certains couloirs on trouve des salles de couchage destinées aux estafettes, soldats chargés de réparer les câbles électriques sur le front et de délivrer des messages.
De retour à la surface, les tranchées allemandes et canadiennes, très proches les unes des autres, sont réalisées en ondulation de manière à éviter de grandes destructions lors des bombardements.

C’est en suivant les pas des anciens soldats que les étudiants canadiens guident les visiteurs et racontent l’histoire. Grâce à eux, nous apprenons que la bataille de Vimy s’est déroulée en avril 1917, entre le 9 et le 12, après des semaines de préparation. Le guide explique que cette victoire canadienne fut décisive dans le déroulement de la Première Guerre Mondiale, et elle fut également considérée comme déterminante pour le Canada.

Mary, la guide, nous apprend que la crête de Vimy fut offerte à l’état canadien après la Grande Guerre. Cette partie du Nord de la France est entretenue par le Canada, et les visites du mémorial sont prises en charge par des étudiants qui voudraient travailler au gouvernement. Le but de ce programme de quatre mois est d’enseigner aux visiteurs, français ou étrangers, le rôle qu’a eu le Canada lors de la guerre.

Flament, Yousfi, D’Helft


« La Der des Ders » stimule l’économie de la région

A l’approche du centenaire de la Première Guerre mondiale, l’économie du Nord est dynamisée par l’afflux de nombreux touristes et les différentes interventions pour les prochaines commémorations.

Fabien est guide à la carrière Wellington d’Arras, un lieu de mémoire de la Grande Guerre. Selon lui, une bonne partie de l’économie de la région est basée sur la (les) guerre(s) : « Le tourisme de commémoration se développe de plus en plus donc bien sûr cela a un impact économique sur le Nord-Pas-de-Calais, dans le bon sens du terme. » De plus en plus d’infrastructures (musée, monument aux morts, cimetière militaire) destinées à cette forme de tourisme sortent du sol dans le seul but de se souvenir des guerres. Pourtant ce tourisme de mémoire ne date pas d’hier : quelque temps après la guerre des poilus, des « excursionnistes » entamaient déjà leurs pèlerinages sur les fronts dans le même état d’esprit que les touristes aujourd’hui. D’où l’aménagement du territoire dès 1919 (mise en place d’itinéraire, de moyens de transports, …).

Bien que cette forme de tourisme ait vu le jour il y a une centaine d’années, on peut remarquer une popularisation de l’état d’esprit commémorative à l’approche du centenaire : « Oui les gens s’intéressent beaucoup plus à la Première Guerre mondiale, ils apprennent l’existence de sites internet à propos de ça et donc deviennent plus curieux, les démarches se multiplient pour qu’ils viennent jusqu’ici », explique Fabien. Le tourisme de mémoire, qui attire chaque année des millions de visiteurs, bat des records à l’approche du centenaire. « Grâce à internet, une fenêtre nouvelle s’ouvre sur le monde de la commémoration », ajoute-il.

La spécialité touristique du Nord, hormis le bassin minier, c’est bien les guerres. Qui dit tourisme, dit hôtel, transport, restauration, bref, gain d’argent pour la région. Mais il n’y a pas que le secteur tertiaire qui est touché. D’autres secteurs moins légaux sont liés aux guerres, comme la vente d’objets trouvés datant de la guerre de 1914-18 sur internet. Un chercheur amateur avec un détecteur de métaux dans une zone d’anciens combats, et le tour est joué ! Sur eBay, par exemple, on peut trouver des bottes d’officier, des bretelles, des lanternes, des briquets, ou encore des lots de cartes postales et de photos..

 

L’OFAJ et ses cent projets de centenaires

Dans le cadre du centenaire de la première guerre mondiale, l’OFAJ (L’Office franco-allemand à la jeunesse) organise une course aux cent projets pour ne pas oublier. Pendant cette année du centenaire, des événements auront lieu partout sur le territoire franco-allemand.

Côté français, nous connaissons très bien le sujet, nous l’avons appris à l’école, vu dans des documentaires mais qu’en est-il du côté de nos voisins d’outre-Rhin ? « Aber es ist nicht so einfach », comme diraient nos voisins allemands. Ce n’est pas aussi simple. La jeune génération allemande entend d’abord parler de la Seconde Guerre mondiale, qui a beaucoup plus marqué les esprits par sa présence télévisuelle et les différents conflits politiques. La Première Guerre mondiale n’est pas abordée à l’école et l’absence de cimetières de la Grande Guerre n’arrange pas les choses. En effet, les monuments aux morts ont soit été rajoutés dans les cimetières de guerre de 1870 (guerre franco-prussienne) ou sur le territoire français.

Mais aujourd’hui, les choses changent. Les jeunes renouent avec leur passé et se tournent vers le futur en gardant en mémoire ce « n’oublions pas » ou « vergessen Sie nicht ». C’est pour cela que l’OFAJ a lancé cette course aux « 100 ans après la Première Guerre mondiale – 100 projets pour la paix en Europe ». Les organisateurs s’efforcent de nous rappeler la base de notre Europe : « les Européens, qui se sont combattus avec acharnement au prix de millions de morts, pourront aujourd’hui élire leur Parlement européen lors d’élections libres. » D’autres actions toutes aussi nombreuses ont déjà eu lieu et auront encore lieu comme les échanges entre classes européennes Franco-allemand (Abibac).

Selma Senac et Manon Hollande


Le centenaire aux couleurs du Louvre !

Cette année, la Première Guerre mondiale (1914-1918) a 100 ans. Le Louvre Lens n’est pas resté indifférent à cet événement, et décide de le mettre à l’honneur dans sa prochaine exposition temporaire : Les désastres de la guerre.

C’est au cœur du bassin minier que le Louvre Lens est en pleine préparation de sa nouvelle exposition temporaire. Après la Renaissance, l’Europe de Rubens et les Etrusques, le musée de la fosse neuf consacre sa prochaine exposition aux Désastres de la Guerre : de 1800 à nos jours. Elle sera ouverte au public à partir du 28 mai prochain jusqu’au 6 octobre 2014.

Actuellement en travaux, l’exposition n’est pas encore ouverte et suscite la curiosité des visiteurs.
A travers les œuvres présentées, le but est de sensibiliser le public à la représentation de la guerre, de la violence et de l’animalisation des sociétés perçue par les artistes au fil des siècles et des conflits devenant de plus en plus meurtriers.

Cette exposition bénéficie du label national de la Mission centenaire et s’inscrit dans l’opération « Guerres et Paix » des musées du Nord-Pas-de-Calais. 450 œuvres du monde entier seront exposées à Lens dans le cadre de cette exposition ! Elles viennent pour la plupart de France, d’Espagne, d’Allemagne, d’Angleterre et même des Etats Unis et du Japon ! Des œuvres, qui porteront la signature de Géricault, Goya, Picasso, ou Otto Dix par exemple. L’exposition sera organisée en douze séquences, chacune est attribuée à un conflit. La sixième est consacrée à la Première Guerre mondiale.

Delphine, médiatrice au Louvre Lens est très enthousiaste : « La région Nord-Pas-de-Calais a eu un rôle des plus importants pendant ce conflit, d’où le fait que l’on trouve beaucoup de cimetières militaires, de sites et de musées relatant ce fait mais aucun d’entre eux ne met en avant la guerre vue par les artistes », explique-t-elle. «  C’était pour nous l’opportunité de jouer la carte de l’originalité, de faire une exposition sur un thème que les gens connaissent, mais vu sous un autre angle. » Convaincue qu’elle sera un succès, Delphine ne manque pas de nous le faire savoir : « Je pense très sincèrement que cette nouvelle exposition rencontrera un franc succès. Je suis même persuadée qu’avec nos collègues de Vimy, Notre dame de Lorette et le musée d’Histoire de Péronne, nous serons dans les indispensables à visiter ! »

Labellisée « Centenaire », ancrée dans le programme « Guerre et Paix », cette collaboration unique avec le musée d’histoire de Péronne propose des œuvres très diversifiées venant du monde entier signées par la main d’artistes de renommée mondiale, Vous l’aurez compris, le Louvre Lens a eu carte blanche et n’a pas lésiné pour cette nouvelle exposition temporaire qui débutera très prochainement. Cette dernière, pleine de secrets et de surprises s’annonce palpitante et ne devrait pas décevoir ses visiteurs. Il faudra attendre encore un peu avant la grande première : rendez-vous au Louvre Lens le 28 mai prochain pour le lever de rideau.

Corentin Lacroix

Intervenants de l’ESJ : Céline Maguet et Clément Mathis

Professeur : Caroline Fromont

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